Ma mère est atteinte d'Alzheimer : voici les 5 signes que j'ai manqués avant son diagnostic
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Ma mère est atteinte d’Alzheimer : voici les 5 signes que j’ai manqués avant son diagnostic

On associe souvent la maladie d’Alzheimer à des pertes de mémoire spectaculaires. Pourtant, dans de nombreux cas, les premiers symptômes sont beaucoup plus subtils.

En France, plus d’un million de personnes vivent aujourd’hui avec une forme de trouble neurocognitif, selon les données de l’Inserm. Le diagnostic est souvent posé tardivement, car les signaux précoces sont discrets et progressifs.

Voici les 5 signes précoces que j’ai ignorés pour ma maman et qui auraient pu nous permettre d’agir plus tôt.

1. Un retrait progressif des activités habituelles

Le premier changement n’a pas été un oubli, mais un retrait. Ma mère, grande lectrice et cuisinière passionnée, a peu à peu abandonné ses habitudes. Les livres restaient fermés. Les recettes devenaient “trop compliquées”. Les invitations étaient repoussées.

Sur le moment, j’y ai vu une envie de se reposer. En réalité, ce désintérêt traduisait une difficulté croissante à organiser des tâches ou à suivre une intrigue. Les spécialistes parlent parfois d’apathie précoce, un symptôme fréquent dans les débuts de la maladie.

Lorsqu’un proche perd soudainement l’envie de pratiquer des activités qu’il aimait profondément, il peut être utile d’en parler au médecin traitant afin d’envisager un premier bilan.

2. Des difficultés nouvelles avec les chiffres et la gestion quotidienne

Ma mère a toujours géré ses comptes avec rigueur. Puis sont apparues des erreurs inhabituelles : factures oubliées, montants mal reportés, calculs simples devenus confus.

Ces troubles peuvent révéler une atteinte des fonctions exécutives, responsables de la planification, du raisonnement et de l’organisation. Ce n’était pas un manque d’attention, mais une réelle difficulté cognitive.

Lorsque ces erreurs se répètent, il est important de sécuriser progressivement la situation : mettre en place une procuration bancaire, simplifier les démarches administratives et envisager un bilan neuropsychologique si nécessaire.

3. Des changements d’humeur marqués et inexpliqués

Ma mère, habituellement douce et posée, est devenue irritable. Parfois méfiante. Un jour, elle m’a accusée d’avoir déplacé ses clés. Elles étaient simplement dans un autre tiroir.

Ces modifications comportementales sont fréquentes au début de la maladie d’Alzheimer. Elles traduisent souvent une anxiété face aux pertes de repères. La personne sent que quelque chose lui échappe, sans pouvoir l’identifier clairement.

Pour les proches, ces réactions peuvent être blessantes ou déstabilisantes. Pourtant, elles ne doivent pas être réduites à un simple “changement de caractère”. Lorsqu’elles deviennent récurrentes, une consultation spécialisée peut permettre d’éclaircir la situation.

4. Une perte progressive des repères temporels

“On est quel jour déjà ?” Cette question revenait souvent. Ma mère ne se perdait pas encore dans son quartier, mais elle confondait les saisons ou les dates importantes.

La désorientation temporelle est un signal fréquent dans les phases précoces. Elle peut rester intermittente au départ, ce qui retarde la prise de conscience.

Des outils simples peuvent aider : calendrier bien visible, horloge numérique avec date complète, routines quotidiennes fixes. Si ces confusions s’intensifient, un avis auprès d’un spécialiste en santé cognitive devient pertinent.

5. Un appauvrissement progressif du langage

Au début, cela ressemblait à un simple “mot sur le bout de la langue”. Puis les phrases sont devenues plus vagues. Les mots précis étaient remplacés par “le truc”, “le machin”.

L’appauvrissement du vocabulaire peut signaler une atteinte des zones cérébrales impliquées dans la mémoire sémantique. Ce n’est pas un phénomène isolé : lorsqu’il s’associe à d’autres signes, il mérite une évaluation.

Un bilan cognitif approfondi permet d’objectiver ces difficultés et d’orienter vers un suivi adapté.

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Pourquoi un diagnostic précoce est essentiel

La maladie d’Alzheimer ne se guérit pas aujourd’hui. En revanche, un diagnostic précoce offre des avantages majeurs : mettre en place un traitement symptomatique, adapter le domicile, organiser la protection juridique si nécessaire et surtout soutenir les aidants.

Selon la Haute Autorité de Santé, repérer les troubles tôt permet de préserver l’autonomie plus longtemps et d’anticiper les décisions importantes dans un climat plus serein.

Il ne s’agit pas de s’alarmer au moindre oubli. Le vieillissement normal comporte des petites pertes de mémoire. Ce qui doit alerter, c’est la répétition des symptômes et leur impact sur la vie quotidienne.

Ne pas attendre le grand oubli

Avec le recul, je comprends que les premiers signaux n’étaient ni spectaculaires ni dramatiques. Ils étaient discrets, mais constants.

Si vous observez chez un parent un changement inhabituel qui se répète, même subtil, il est préférable d’en parler. Un simple échange avec un professionnel de santé peut faire la différence.

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