Alors que l’hiver s’installe, les foyers français font face à une double pression : la baisse des températures extérieures et l’incertitude concernant le prix de l’électricité en 2025.
Dans ce contexte tendu, une question revient inlassablement chaque soir au moment de se glisser sous la couette : pour éviter de recevoir une facture EDF trop élevée, est-il plus rentable de tout éteindre ou de laisser les radiateurs fonctionner au ralenti ?
La réponse n’est pas forcément celle que l’on pense, et si vous faites le mauvais choix, cela peut paradoxalement alourdir votre facture d’électricité. On fait le point.
L’erreur du “On/Off” : Pourquoi éteindre peut vous coûter cher (1/4)
Il existe un mythe tenace selon lequel un chauffage éteint garantit des économies maximales. C’est oublier un principe physique fondamental : l’inertie thermique des matériaux.
Si vous décidez de couper le chauffage la nuit intégralement, la température intérieure de votre logement va chuter de manière significative. Les murs, les sols et les plafonds vont perdre la chaleur accumulée durant la journée.
Au petit matin, lorsque vous rallumerez le système pour passer d’une ambiance glaciale à 19°C ou 20°C, votre chaudière ou vos radiateurs devront fonctionner à pleine puissance pendant plusieurs heures.
Cette sollicitation brutale provoque un pic de consommation électrique. Très souvent, l’énergie dépensée pour réchauffer la masse froide du bâtiment (les murs) est supérieure à celle que vous auriez consommée en maintenant une température douce et constante.
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C’est l’une des causes principales de la surconsommation de chauffage en période hivernale.
La règle d’or des experts : Baisser plutôt que couper (2/4)
L’ADEME (Agence de la transition écologique) et les fournisseurs d’énergie recommandent une approche plus nuancée : il est impératif de baisser le chauffage la nuit, mais risqué de l’arrêter complètement.
Mais en réalité, l’application pratique dépend de votre système de chauffage et de l’isolation de votre domicile. Pour trouver la solution de chauffage économique adaptée, il faut analyser votre installation technique.
1. Vous possédez une chaudière (Gaz, Fioul) ou une Pompe à Chaleur
Dans ce cas de figure, la consigne est stricte : ne coupez jamais tout. Ces systèmes à eau chaude (radiateurs en fonte, plancher chauffant hydraulique) possèdent une inertie très forte.
Une pompe à chaleur (PAC), en particulier, est conçue pour maintenir une température stable. Elle déteste les variations brutales. L’effort demandé au compresseur pour rattraper 5 ou 6 degrés le matin sera énergivore et usera prématurément le matériel.
Contentez-vous d’un réglage du thermostat la nuit en mode “Réduit” (souvent symbolisé par une lune).
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2. Vous avez un chauffage électrique
Le chauffage électrique est plus réactif, mais tous les appareils ne se valent pas.
Les convecteurs anciens (“grille-pain”) : Ils chauffent l’air très vite mais ne stockent rien. Dans un logement très bien isolé, vous pouvez envisager de les éteindre ou de les mettre en mode “Hors Gel”.
Les radiateurs à inertie : Si vous êtes équipé d’un radiateur à inertie économique (céramique, fluide caloporteur) ou d’un radiateur basse consommation, il est préférable de les laisser en mode “Éco” (généralement réglé à -3,5°C par rapport au mode Confort). Cela permet de profiter de la restitution lente de la chaleur accumulée dans le corps de chauffe.
3. Le cas critique du logement mal isolé
Si votre habitation souffre d’une mauvaise isolation thermique de la maison ou d’une importante déperdition de chaleur par les fenêtres, couper le chauffage est une erreur stratégique majeure.
Sans apport de chaleur, la température chuterait trop vite vers des niveaux critiques (10°C ou 12°C). Cela créerait de l’humidité (point de rosée) et rendrait le réveil glacial et insupportable. Ici, l’objectif est de garder la chaleur dans la maison en maintenant une température minimale de 16°C pour limiter les dégâts.
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L’automatisation : La clé pour ne plus y penser (3/4)
L’ennemi numéro un de votre portefeuille n’est pas le froid, mais l’oubli humain. Qui n’a jamais oublié de baisser le radiateur du salon avant d’aller dormir ou en partant au travail ? Pour pallier cela, la technologie offre aujourd’hui le meilleur chauffage économique : celui qui se gère tout seul.
Investir dans un thermostat intelligent (comme un Nest thermostat, Netatmo ou Tado) est l’une des astuces chauffage hiver les plus rentables à court terme. Ces appareils permettent :
- Une programmation du chauffage précise au quart d’heure près (ex : baisse automatique à 22h30, remontée à 6h30).
- Un pilotage à distance via smartphone pour anticiper votre retour.
- Une adaptation aux habitudes de vie pour optimiser la consommation chauffage la nuit.
L’installation de vannes thermostatiques connectées sur vos radiateurs à eau permet un chauffage intelligent et connecté pièce par pièce. Vous ne chaufferez plus la chambre d’amis ou la cuisine inutilement la nuit. C’est un investissement rapidement amorti face au prix de l’énergie en hausse.
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Facture toujours trop haute ? Les solutions (4/4)
Si malgré un bon réglage du thermostat la nuit, vous trouvez votre chauffage électrique coûteux et vos factures insupportables, le problème est probablement structurel. Baisser le chauffage ne suffit plus si votre logement est une passoire thermique.
Voici les leviers d’action majeurs pour 2025.
1. Rénover pour moins consommer
La meilleure énergie est celle qu’on ne consomme pas. Améliorer le classement DPE du logement (Diagnostic de Performance Énergétique) doit être une priorité absolue. Cela passe souvent par :
- L’isolation des combles (qui représentent jusqu’à 30% des pertes thermiques).
- Le remplacement des vieilles fenêtres par du double vitrage.
- L’installation d’un système performant pour remplacer un chauffage maison pas cher à l’achat mais ruineux à l’usage.
2. Profiter des aides de l’État
Heureusement, vous n’êtes pas seul pour financer ces travaux d’envergure. En 2025, les dispositifs de soutien restent nombreux pour encourager la rénovation. Renseignez-vous impérativement sur :
- La prime énergie 2025 (dispositif MaPrimeRénov’).
- Le crédit d’impôt pour la rénovation énergétique (sur certains équipements spécifiques).
- Les différentes aides énergie de l’État destinées aux ménages modestes.
- Les aides globales pour la rénovation thermique avec aides.
Avant de lancer des travaux, faire réaliser un audit énergétique de la maison est souvent indispensable (et parfois obligatoire) pour identifier les travaux prioritaires et éviter de dépenser de l’argent inutilement.
3. Optimiser son contrat d’énergie
Enfin, ne subissez pas le tarif réglementé EDF sans comparer. Le kilowattheure et son prix varient d’un fournisseur à l’autre. Avec la hausse des tarifs EDF (réglementés ou de marché), utiliser un comparateur en ligne peut vous faire gagner quelques centimes par kWh.
Mis bout à bout sur une année, cela représente une somme importante sur la consommation électrique de la maison. Vérifiez également si vous êtes en option “Heures Pleines / Heures Creuses” et si cela est vraiment rentable pour votre mode de vie, car l’écart de prix tend à se réduire.