C’est une question qui revient souvent dans les conversations : combien gagne réellement un maire en France ?
Vous avez peut-être entendu tout et son contraire. C’est normal : les montants ont changé. En ce début d’année 2026, une nouvelle grille s’applique, prenant en compte la valeur du point d’indice de la fonction publique.
Voici le décryptage précis des indemnités brutes mensuelles maximales que touche votre élu depuis le 1er janvier 2026.
1. Pas un “salaire”, mais une “indemnité”
Avant de parler chiffres, une précision juridique s’impose. Un maire ne perçoit pas un salaire. Il touche une indemnité de fonction.
Cette distinction est capitale : cette somme ne donne pas droit au chômage à la fin du mandat et sert théoriquement à compenser le temps passé au service de la commune, souvent au détriment de l’activité professionnelle de l’élu.
2. Combien gagne votre maire ?
Le montant est calculé selon un barème fixé par la loi, en pourcentage de l’indice brut terminal de la fonction publique (Indice 1027).
Voici les montants bruts plafonds en vigueur au 1er janvier 2026.
Pour les villages (Moins de 500 habitants)
C’est le cas de plus d’un maire sur deux en France. Pour ces élus de proximité souvent “au four et au moulin”, l’indemnité a été revalorisée.
Pour une commune de moins de 500 habitants, le maire perçoit désormais 1 155,06 € brut par mois.
Pour les petites communes (500 à 3 500 habitants)
Dès que la population augmente, la responsabilité s’accroît. Pour les villages comptant entre 500 et 999 habitants, l’indemnité passe à 1 820,96 € brut mensuels.
Pour la strate suivante, c’est-à-dire les communes de 1 000 à 3 499 habitants, l’élu touche 2 289,56 € brut.
Pour les petites villes (3 500 à 20 000 habitants)
Entre 3 500 et 9 999 habitants, le montant atteint 2 396,44 € brut par mois.
Pour les villes de 10 000 à 19 999 habitants, l’indemnité est fixée à 2 778,71 € brut.
Pour les villes moyennes (20 000 à 100 000 habitants)
C’est à partir de ce seuil que la fonction devient généralement une activité à temps plein. Pour une cité de 20 000 à 49 999 habitants, le maire perçoit 3 699,47 € brut.
Pour les grandes villes de 50 000 à 99 999 habitants, l’enveloppe grimpe à 4 521,58 € brut mensuels.
Pour les métropoles (Plus de 100 000 habitants)
Enfin, pour les très grandes villes de plus de 100 000 habitants, le montant de base atteint 5 960,26 € brut par mois.
Attention : il s’agit de sommes brutes. Le “net à payer” qui arrive sur le compte de l’élu est inférieur (déduction de la CSG, CRDS, cotisations retraite, etc.).
3. Les “Bonus” qui peuvent augmenter la note
Pourquoi le maire de la ville voisine gagne-t-il plus alors que sa commune est de même taille ? C’est légal. Le conseil municipal peut voter des majorations.
Ces rallonges sont prévues si la ville est Chef-lieu (de canton, d’arrondissement ou de département), si elle est classée station de tourisme (fréquent à la mer ou à la montagne), ou si elle touche la DSU (Dotation de Solidarité Urbaine) pour les communes défavorisées.
4. Le cas des “Gros salaires” (Paris, Lyon, Marseille)
Les maires des trois plus grandes villes de France ont un statut à part. Leurs responsabilités sont comparables à celles de ministres.
Pour le maire de Paris ou de Lyon, en cumulant les indemnités (ville + métropole), la rémunération peut atteindre le plafond légal situé aux alentours de 9 015 € brut par mois.
5. Cumul des mandats : le plafond strict
C’est le garde-fou posé par l’État pour éviter les abus. Un élu peut cumuler les fonctions (Maire + Conseiller Régional + Président d’agglomération), mais pas les indemnités à l’infini.
En 2026, la loi impose un écrêtement : un élu local ne peut pas toucher plus de 1,5 fois l’indemnité parlementaire de base. Concrètement, tout euro dépassant environ 9 015 € brut mensuels est “écrêté” (c’est-à-dire non versé).