Grenoble, une dame donne une leçon aux lycéens (vidéo)

Grenoble : des lycéens veulent prendre ses poubelles pour le blocus, une dame leur donne une leçon mémorable (vidéo)

Des lycéens veulent embarquer ses poubelles pour leur blocus. Mauvaise idée : la dame leur répond du tac au tac, et la vidéo fait le buzz ⬇️

1/5 Une vidéo qui commence comme une scène banale

Au début de la vidéo, rien d’extraordinaire. Un matin, devant le lycée Emmanuel-Mounier, à Grenoble, une dame sort ses poubelles sur le trottoir, comme des millions de Français chaque semaine. Un geste banal, que personne n’aurait remarqué en temps normal.

Mais ce matin-là, le lycée est bloqué, et pour bloquer un lycée, il faut des poubelles. Des jeunes repèrent les siennes et veulent les emporter pour renforcer le blocus. Ils ne s’attendaient visiblement pas à tomber sur quelqu’un comme elle.

La scène est filmée au téléphone, puis publiée sur X le lundi 12 octobre. En quelques heures, la vidéo virale fait le tour des réseaux sociaux, portée par une seule réplique. Avant de la regarder, un détour s’impose par ce qui se passe devant ce lycée depuis plus de deux semaines.

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2/5 À Grenoble, les poubelles au cœur des blocus

Le lycée Mounier est l’un des épicentres du mouvement lycéen en Isère. Le blocus y a commencé le lundi 28 septembre, dès 7 heures, avec des poubelles pour barrer les entrées, selon France 3. Les élèves dénoncent des classes surchargées et l’absence de professeurs : « Le problème, c’est le manque de fonds dans l’éducation », expliquait l’un d’eux.

Mais les poubelles ont aussi servi à autre chose. Selon la police nationale de l’Isère, les forces de l’ordre sont intervenues ce jour-là en raison de barricades sur les voies de tramway et de feux de poubelles, avec trois interpellations. Dans le département, les violences en marge des blocus ont conduit à 51 interpellations, selon Grenoblemag, et les dégâts sur le réseau de transport M Réso atteignent au moins 250 000 euros.

Ce mercredi 14 octobre, la situation s’apaise, mais Mounier fait toujours partie des trois lycées bloqués de l’agglomération, avec Les Eaux-Claires et Stendhal, selon Le Dauphiné libéré. Sept autres établissements restent fermés. C’est dans ce climat qu’a été diffusée la vidéo du blocus qui fait aujourd’hui réagir toute la France.

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3/5 La vidéo : la dame qui donne une leçon aux lycéens du blocus

Voici la vidéo qui fait le buzz. Selon le compte qui l’a publiée, la dame se retrouve face à des jeunes qui veulent prendre ses poubelles pour le blocus. Sa leçon ne se fait pas attendre, et elle tient en cinq mots : « Je les paye, mes poubelles. »

L’auteur de la publication accompagne la séquence d’un commentaire politique : pour lui, ces images incarnent « la France du réel ». Au-delà de ce commentaire, la réplique touche un point sensible, et c’est ce qui explique le succès de cette vidéo amateur : derrière chaque poubelle brûlée ou détournée, il y a un service public, et quelqu’un qui le finance.

Les circonstances exactes de la scène, comme la suite de l’échange, n’ont pas été précisées. La vidéo ne dit pas si les jeunes ont finalement renoncé. Mais en quelques secondes d’images, cette dame a mis des mots sur une question que beaucoup se posent depuis le début des blocus : qui paie, au bout du compte ?

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4/5 « Je les paye » : sur le fond, elle a raison

Sur le fond, la réplique de la vidéo est exacte. Le ramassage des ordures est financé par la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, la TEOM, payée par les propriétaires avec leur taxe foncière, puis répercutée sur les locataires dans leurs charges. Dans certaines communes, c’est une redevance qui joue le même rôle.

Et la facture n’a rien de symbolique : selon l’UFC-Que Choisir, la TEOM atteignait 144 € par habitant en moyenne en 2023, en hausse de 20 % en cinq ans. Quand des bacs sont brûlés ou détournés, leur remplacement pèse sur le budget du service des déchets, et ce budget est financé par les habitants.

Côté dégâts, le gouvernement a aussi tranché. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a demandé aux procureurs d’engager la responsabilité civile des parents lorsque des mineurs commettent des dégradations pendant les blocus. Un point à vérifier dans votre contrat d’assurance habitation : la garantie responsabilité civile couvre en principe les dommages causés par les enfants, mais les dégradations volontaires peuvent être exclues selon les contrats.

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5/5 Pourquoi cette vidéo fait autant réagir

Comme souvent depuis le début du mouvement, la séquence se lit de deux façons. Pour ceux qui partagent la vidéo, cette dame incarne tous ceux qui subissent les blocus sans y avoir pris part. Pour les organisations lycéennes, le fond du combat reste le même : des classes trop chargées et des professeurs qui manquent.

Les deux ne s’opposent pas forcément. On peut réclamer plus de moyens pour l’école et refuser que les poubelles de son immeuble finissent en barricade. Le gouvernement a d’ailleurs annoncé le 8 octobre l’arrivée de 3 000 professeurs remplaçants dans les lycées les plus en difficulté.

Reste une image, simple et efficace : une dame, ses bacs, et une phrase de cinq mots. Dans un mouvement saturé de vidéos de cortèges et d’affrontements, c’est peut-être cette vidéo insolite, et cette leçon mémorable, que l’on retiendra du blocus de Grenoble.

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