Le Portugal n’est plus l’eldorado des retraités qu’il était. Pendant ce temps, un village italien de carte postale finance jusqu’à 26 000 € l’installation de ses nouveaux habitants.
1/5 Pourquoi le Portugal a perdu de sa magie
Pendant une décennie, Lisbonne et l’Algarve ont aimanté les retraités français. Un régime fiscal très avantageux exonérait largement les pensions étrangères des nouveaux arrivants. Cette parenthèse dorée s’est refermée, le dispositif ayant été supprimé pour les nouveaux venus.
La facture logement a suivi le mouvement, dans le mauvais sens. Les prix de l’immobilier portugais ont flambé, portés précisément par l’afflux d’étrangers. Le pays du soleil pas cher est devenu, dans ses zones prisées, un marché tendu.
Pendant ce temps, l’Italie a choisi la stratégie inverse. Plutôt que d’attirer par l’impôt, ses villages qui se vident ont décidé de payer directement les nouveaux habitants. Et l’un d’eux a transformé l’idée en machine qui fonctionne.
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2/5 L’Italie qui paie : une vraie stratégie nationale
Le phénomène dépasse largement l’anecdote touristique. Confrontés à l’exode rural, des dizaines de villages italiens rivalisent d’offres pour attirer des habitants. Maisons à 1 euro, primes d’installation, loyers subventionnés : tout l’arsenal y passe.
Certaines provinces proposent des primes pouvant atteindre 30 000 euros pour les nouveaux arrivants qui s’engagent durablement. Les montants font le tour des réseaux sociaux à chaque annonce. Les articles enthousiastes, eux, oublient souvent de lire les conditions jusqu’au bout.
Car chaque dispositif cache ses propres verrous, parfois rédhibitoires. Travaux obligatoires chiffrés, artisans locaux imposés, engagements de résidence sur dix ans. Et pour la prime la plus célèbre, un piège que nous détaillerons plus bas — il concerne directement les Français.
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3/5 Radicondoli, le village qui a trouvé la formule
Le voici, ce village : Radicondoli, perché dans la campagne toscane, à une heure de Florence. Un décor de cyprès, de pierres médiévales et de collines dorées. Et un problème : 966 habitants, contre 3 000 autrefois, avec une centaine de maisons vides sur 450.
Depuis 2023, la commune verse jusqu’à 20 000 euros à qui achète l’un de ces logements pour y vivre. S’y ajoutent 6 000 euros de contributions pour les dépenses comme le chauffage. Soit 26 000 euros réels, la meilleure offre encore ouverte d’Italie.
Le maire, Francesco Guarguaglini, revendique un budget de plus de 400 000 euros cette année pour le dispositif. Les résultats parlent : 23 ventes financées et une soixantaine de nouveaux habitants depuis le lancement. L’école a retrouvé des élèves, les commerces des clients.
Détail qui change tout par rapport aux fameuses maisons à 1 euro : ici, les biens ont une vraie valeur. La plupart sont en bon état, quelques-uns demandent environ 10 000 euros de travaux. Avec le bonus déduit, un petit appartement peut revenir à 30 000 euros environ.
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4/5 Les conditions, et le piège des 30 000 € dont tout le monde parle
L’offre de Radicondoli a ses contreparties, parfaitement assumées. L’acheteur doit s’engager à résider au moins dix ans dans le village. Un volet location existait aussi, avec la moitié du loyer prise en charge, mais sa fenêtre d’installation s’est refermée début 2026.
Venons-en au piège promis, car il circule massivement sur les réseaux. La région Toscane verse bien de 10 000 à 30 000 euros pour s’installer dans ses communes de montagne. Mais cette prime régionale est réservée aux personnes résidant déjà en Italie.
Concrètement, il faut être Italien ou citoyen européen domicilié dans une ville italienne, hors zone de montagne. Un retraité français vivant en France n’y a donc aucun droit, contrairement à ce que suggèrent les articles enthousiastes. L’aide de Radicondoli, elle, est communale : renseignez-vous directement auprès de la mairie sur les conditions du moment.
5/5 Ce qu’il faut vérifier avant de faire ses cartons
Bonne nouvelle d’abord : votre pension française vous suivra sans difficulté. Au sein de l’Union européenne, les retraites sont versées dans le pays de résidence de votre choix. Prévenez simplement vos caisses et fournissez chaque année le certificat de vie demandé.
La santé demande un peu plus d’anticipation. Un retraité français installé en Italie s’inscrit au système de santé local, avec un formulaire de liaison délivré par l’Assurance maladie. Beaucoup d’expatriés conservent en parallèle une assurance complémentaire, le temps de prendre leurs marques.
Côté impôts, la convention fiscale franco-italienne évite la double imposition des pensions. Sachez aussi qu’un régime forfaitaire à 7 % existe pour les retraités étrangers, mais réservé aux petites communes du sud du pays — hors périmètre de la Toscane. Un conseil fiscal avant le départ reste le meilleur investissement du projet.
Dernier conseil, le plus important de tous. Passez un hiver sur place avant de signer quoi que ce soit : un village toscan de novembre à février ne ressemble pas aux photos de juillet. Dix ans d’engagement, cela se décide les pieds dans la réalité, pas devant un écran.