C’est un classique des conflits de voisinage. Vous retrouvez régulièrement le chat du voisin sur votre canapé, ou pire, il utilise votre potager comme litière géante.
Si l’envie de l’adopter (ou de le chasser violemment) vous traverse l’esprit, attention : la loi française encadre strictement ces interactions.
Entre droit de propriété et protection animale, voici ce que vous pouvez faire — et surtout ce qui est strictement interdit — pour régler le problème sans finir au tribunal.
(1/4) Le chat a-t-il le “droit” de venir chez vous ?
Contrairement aux chiens, les chats bénéficient d’une certaine tolérance légale concernant leur divagation.
Selon le Code rural, un chat n’est considéré comme “en divagation” que s’il est trouvé à plus de 1 000 mètres du domicile de son maître (ou à 200 mètres des habitations s’il n’est pas identifié).
En clair : si le chat de votre voisin se promène dans votre jardin situé à côté du sien, il n’est pas en infraction. Vous ne pouvez pas exiger du voisin qu’il attache son chat ou l’enferme, car le chat est considéré comme un animal libre de ses mouvements par nature.
(2/4) Ce que vous n’avez ABSOLUMENT pas le droit de faire
La frustration peut pousser à des réactions impulsives, mais attention, certaines actions sont des délits pénaux :
🐈 L’adopter ou le garder chez vous (Séquestration) : Si vous nourrissez le chat, le laissez dormir chez vous et l’empêchez de repartir, cela peut être assimilé à du vol. Tant que le chat a un maître (identifié par puce ou tatouage), il reste sa propriété.
🐈 Lui faire du mal : Cela semble évident, mais tout acte de maltraitance (le frapper, l’empoisonner, le piéger avec des méthodes blessantes) est puni de 3 ans de prison et 45 000 € d’amende. Même s’il ravage vos fleurs, il est protégé.
🐈 Le nourrir (Attention !) : Nourrir un chat qui ne vous appartient pas est une fausse bonne idée. Non seulement cela l’encourage à revenir (aggravant le conflit), mais vous pourriez être tenu responsable s’il tombe malade à cause d’aliments inadaptés.
De plus, certains règlements sanitaires départementaux interdisent le nourrissage des animaux errants pour éviter leur prolifération.
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(3/4) Vos recours légaux en cas de dégâts
Si la présence du chat n’est pas une infraction en soi, les dégâts qu’il cause le sont. Selon l’article 1243 du Code civil : « Le propriétaire d’un animal est responsable du dommage que l’animal a causé ».
Si le chat du voisin raye votre voiture, déchire vos coussins extérieurs ou tue vos poules, vous êtes en droit de demander réparation :
- Prenez des photos des dégâts et du chat en action (preuves).
- Contactez votre voisin à l’amiable pour faire jouer son assurance responsabilité civile.
- Si les nuisances sont sonores (miaulements incessants la nuit) ou olfactives (urine récurrente), cela peut être qualifié de trouble anormal du voisinage, passible d’une amende de 450 € pour le propriétaire négligent.
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(4/4) Les solutions douces pour l’éloigner
Puisque vous ne pouvez ni le garder ni le maltraiter, la seule voie légale et pacifique est la dissuasion. Vous avez le droit de rendre votre jardin inhospitalier pour lui :
- Utilisation de répulsifs naturels (vinaigre blanc, poivre, marc de café) ou à ultrasons.
- Installation de brise-vue ou de clôtures spécifiques pour bloquer ses passages habituels.
- L’arrosage automatique à détecteur de mouvement est une méthode radicale, sans danger et très efficace pour leur passer l’envie de revenir.
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En résumé : le chat du voisin a le droit de se balader, mais son maître doit payer s’il casse quelque chose. Privilégiez toujours le dialogue : un voisin prévenu est souvent gêné et tentera de trouver des solutions.