Deux enfants ont hérité de la maison familiale sans verser un euro de droits de succession. Le secret : une démarche faite chez le notaire des années plus tôt — la voici ⬇️
1/6 Deux successions, deux factures : 10 300 € contre 0 €
Imaginez deux familles strictement identiques. Même maison estimée 250 000 €, même configuration : un parent veuf, deux enfants majeurs. Au décès, la première famille passe par la succession classique.
La facture de ce premier scénario, nous l’avons déjà calculée en détail. Comptez 6 389 € de droits de succession pour le fisc, plus environ 3 900 € d’actes notariés. Soit près de 10 300 € à sortir, en pleine période de deuil.
La seconde famille, elle, ne verse pas un euro de droits au décès. Même maison, mêmes enfants, même barème fiscal. La seule différence tient à une démarche que la mère avait accomplie quelques années plus tôt.
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2/6 La démarche que cette mère a faite à 75 ans
Prenons un cas très concret, et appelons-la Josiane. À 75 ans, propriétaire de sa maison, elle prend rendez-vous chez son notaire avec une idée précise. Transmettre les murs à ses enfants, sans quitter sa maison ni perdre le moindre droit dessus.
L’acte signé ce jour-là porte un nom technique : une donation de la nue-propriété avec réserve d’usufruit. Les juristes parlent de démembrement de propriété. Derrière le jargon, le principe est d’une simplicité lumineuse.
Josiane donne à ses enfants la propriété « nue » de la maison, c’est-à-dire les murs. Elle conserve l’usufruit : le droit d’y habiter jusqu’à son dernier jour, ou de la louer. Rien ne change dans sa vie quotidienne, absolument rien.
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3/6 Qui garde quoi : la répartition qui change tout
L’usufruitier conserve l’usage complet du bien, protégé par la loi. Josiane ne peut être mise dehors ni par ses enfants, ni par personne. Si elle part en maison de retraite, les loyers de la maison lui reviennent intégralement.
Les enfants, eux, détiennent les murs sans pouvoir en disposer seuls. Ils ne paient rien, n’habitent pas le bien, mais leur patrimoine est déjà constitué. Ils attendent simplement que la pleine propriété se reconstitue, le moment venu.
Toute la magie fiscale tient dans la valorisation de ces deux morceaux. Le fisc utilise un barème officiel, fixé par l’article 669 du Code général des impôts, selon l’âge du donateur. Entre 71 et 80 ans, l’usufruit vaut 30 % du bien, la nue-propriété 70 %.
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4/6 Le calcul qui aboutit à zéro euro de droits
Posons les chiffres de Josiane, ligne par ligne. Sa maison vaut 250 000 €, et la nue-propriété donnée en représente 70 %, soit 175 000 €. C’est sur cette somme, et elle seule, que les droits de donation se calculent.
Ses deux enfants se partagent cette valeur : 87 500 € chacun. Or chaque parent peut transmettre 100 000 € par enfant en franchise totale d’impôt, un abattement qui se recharge tous les quinze ans. La base taxable tombe donc à zéro, et les droits avec.
Soyons complets, car la promesse mérite sa nuance. L’acte de donation, lui, reste payant : comptez de l’ordre de 5 000 € de frais notariés pour une maison de ce prix, selon les exemples publiés par les études. C’est le seul coût du montage — payé une fois, du vivant, sereinement.
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5/6 Et au décès ? Le moment où tout se joue
Voici l’instant qui justifie toute l’opération. Au décès de Josiane, son usufruit s’éteint automatiquement, sans acte, sans formalité fiscale nouvelle. Ses enfants deviennent pleins propriétaires de la maison, sans verser un droit supplémentaire.
La maison est tout simplement sortie de la succession taxable. Les 6 389 € du scénario classique n’existent plus, et l’abattement de 100 000 € reste disponible pour le reste du patrimoine. Le contraste avec la première famille est total.
Un détail de calendrier mérite votre attention, surtout pour les patrimoines importants. À 70 ans, la nue-propriété ne vaut que 60 % ; dès 71 ans, elle passe à 70 %. Sur un gros patrimoine, ce simple anniversaire charnière peut coûter plus de 30 000 € de droits — chaque décennie compte, et le plus tôt reste le mieux.
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6/6 Les pièges à connaître avant de signer
Première réalité, la plus importante : une donation est irrévocable. Hors cas rarissimes prévus par la loi, Josiane ne pourra jamais reprendre ce qu’elle a donné. On ne signe pas ce type d’acte sur un coup de tête, ni sous la pression de quiconque.
Deuxième contrainte : vendre la maison exige désormais l’accord de tous, usufruitière et nus-propriétaires ensemble. La répartition des charges doit aussi être claire : entretien courant et taxe foncière côté usufruitier en règle générale, gros travaux côté enfants, selon ce que précise l’acte.
Un point spécifique concerne les petites retraites. Pour l’ASPA, les biens donnés au cours des dix dernières années restent partiellement comptés dans l’examen des ressources. Une donation ne doit donc jamais fragiliser le niveau de vie du donateur — on transmet le surplus, jamais le nécessaire.
Dernier conseil, et il vaut pour chaque situation familiale. Nombre d’enfants, autres biens, remariage, entente fraternelle : chaque paramètre change le résultat. Un rendez-vous chez le notaire chiffre votre cas exact — c’est lui qui transformera cet article en économie réelle.