Les 100 000 € que tout le monde connaît ne sont qu’un plancher : avant vos 80 ans, la loi permet de transmettre bien davantage — et un bonus expire fin 2026.
C’est l’une des questions les plus posées aux notaires : combien puis-je donner à mes enfants sans que le fisc s’en mêle ? La plupart des Français s’arrêtent au chiffre de 100 000 €. En réalité, le plafond est nettement plus élevé — à condition d’agir avant un anniversaire précis.
Deux dispositifs se cumulent en effet, et un troisième, temporaire, peut encore gonfler l’enveloppe pour un projet immobilier. Voici le détail des plafonds 2026, avec les conditions exactes à respecter.
1/5 — Les 100 000 € que tout le monde connaît
Commençons par la base. Chaque parent bénéficie d’un abattement de 100 000 € par enfant sur les donations : jusqu’à ce montant, aucun droit à payer. Il vaut pour tous les types de biens — argent, immobilier, actions, bijoux — et se reconstitue intégralement tous les 15 ans.
Point important : cet abattement n’est soumis à aucune condition d’âge. À 85 ou 90 ans, vous pouvez toujours donner 100 000 € à chacun de vos enfants en franchise totale d’impôt. Alors d’où vient cette histoire de 80 ans ? Du second étage de la fusée.
2/5 — Le second étage, lié à votre âge : 31 865 € de plus
La loi prévoit un dispositif complémentaire, souvent appelé « don familial de sommes d’argent ». Il permet de donner jusqu’à 31 865 € supplémentaires, totalement exonérés — mais uniquement de l’argent (virement, chèque, espèces), et sous deux conditions strictes : le donateur doit avoir moins de 80 ans au jour du don, et le bénéficiaire être majeur.
Comme l’abattement principal, ce don se renouvelle tous les 15 ans, et surtout, les deux se cumulent intégralement, comme le confirme service-public.gouv.fr. C’est ce cumul qui explique le compte à rebours : passé votre 80e anniversaire, cette enveloppe de 31 865 € disparaît définitivement.
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3/5 — Le total : 131 865 € par parent, 263 730 € pour un couple
Faisons l’addition. Avant vos 80 ans, vous pouvez donc transmettre à chaque enfant 131 865 € sans le moindre impôt : 100 000 € d’abattement classique, plus 31 865 € de don d’argent. Pour un couple, l’enveloppe monte à 263 730 € par enfant — et elle se reconstitue tous les 15 ans.
Ce compteur de 15 ans change tout dans une stratégie de transmission : des parents qui donnent à 60 ans peuvent recommencer à 75, doublant ainsi ce qu’ils transmettent hors succession. Attendre, c’est mécaniquement perdre des tours de manège.
Et si vous êtes grand-parent, vous avez vos propres enveloppes : 31 865 € d’abattement par petit-enfant, cumulables avec le don familial d’argent de 31 865 € tant que vous avez moins de 80 ans — soit jusqu’à 63 730 € par petit-enfant en franchise de droits.
4/5 — Le bonus qui expire bientôt : jusqu’à 100 000 € de plus pour un logement
La loi de finances pour 2025 a créé une enveloppe exceptionnelle supplémentaire : 100 000 € par donateur (dans la limite de 300 000 € reçus par bénéficiaire), exonérés de droits si l’argent finance, dans les 6 mois, l’achat d’un logement neuf destiné à la résidence principale de votre enfant, ou des travaux de rénovation énergétique chez lui. Ce volet s’éteint le 31 décembre 2026.
Le budget 2026 l’a même étendu à l’achat d’un logement ancien, jusqu’au 30 juin 2027, à condition que votre enfant soit primo-accédant. Dans tous les cas, le logement doit rester sa résidence principale pendant 5 ans, et l’exonération ne se cumule pas avec MaPrimeRénov’ sur les mêmes factures, précise le Bulletin officiel des finances publiques.
En cumulant les trois dispositifs, un parent de moins de 80 ans peut donc transmettre jusqu’à 231 865 € à un enfant qui achète son logement — 463 730 € pour un couple. Une fenêtre de cette ampleur ne se représentera probablement pas de sitôt : mieux vaut consulter votre notaire avant l’automne si le projet existe.
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5/5 — Mode d’emploi et pièges à éviter
Côté formalités, un don d’argent se déclare via le formulaire 2735, en ligne sur impots.gouv.fr ou en version papier, dans le mois qui suit le versement — c’est le bénéficiaire qui déclare. Aucun droit à payer sous les plafonds, mais la déclaration reste obligatoire : elle date officiellement le don et fait courir le délai de 15 ans.
Trois pièges pour finir. La condition des 80 ans s’apprécie au jour du don : la veille de l’anniversaire, l’exonération de 31 865 € s’applique ; le jour même, c’est trop tard. Si vous avez plusieurs enfants, veillez à l’équité — la réserve héréditaire garantit à chacun sa part, et un déséquilibre non anticipé peut être rediscuté à la succession. Enfin, ne confondez pas ces donations avec le présent d’usage (le billet glissé à Noël), qui échappe à toute déclaration tant qu’il reste proportionné à vos moyens.
Le message à retenir tient en une phrase : entre les abattements classiques et le bonus logement, un couple peut aujourd’hui transmettre plusieurs centaines de milliers d’euros sans impôt — mais chaque année qui passe après 65 ans réduit le nombre de fois où le compteur pourra se remettre à zéro.
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