Deux décrets entrent en vigueur le 1er septembre et vont faire grimper certaines pensions. Une condition précise détermine qui en profitera ⬇️
1/5 Deux décrets, une date, et des milliers de pensions revues
C’est acté noir sur blanc au Journal officiel. Deux décrets publiés le vendredi 31 juillet entrent en vigueur le 1er septembre 2026. Ils appliquent une mesure votée dans la dernière loi de financement de la Sécurité sociale.
Le premier facilite certains départs anticipés pour carrière longue. Le second modifie le mode de calcul de la pension de base, en écartant les années les moins favorables. Deux leviers distincts, une même date d’entrée en vigueur.
L’objectif affiché par le gouvernement est de réduire un écart bien documenté. Les hommes touchent en effet une retraite supérieure de 28 % en moyenne à celle des femmes. Reste à savoir qui, concrètement, verra la différence sur son relevé.
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2/5 La condition qui détermine tout : avoir eu des enfants
Voilà le critère central de ces deux textes. Les mesures visent les assurés ayant bénéficié de trimestres liés aux enfants, au titre de la maternité, de l’adoption ou de l’éducation. Autrement dit, très majoritairement les mères de famille.
Rappelons l’ampleur de ces droits, souvent mal connus. Chaque enfant peut rapporter jusqu’à huit trimestres de majoration de durée d’assurance : quatre pour la maternité ou l’adoption, quatre pour l’éducation. Ces trimestres comptent pour atteindre le taux plein.
Le ministère du Travail avance une estimation large dans son communiqué. La réforme doit améliorer le montant de la pension pour plus d’une femme sur deux. Un chiffre qui explique l’écho immédiat de cette annonce.
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3/5 Comment le calcul change concrètement
La règle générale reposait jusqu’ici sur les 25 meilleures années de carrière. C’est la moyenne des salaires de ces 25 années, appelée salaire annuel moyen, qui détermine une grande partie de la pension.
À partir du 1er septembre, cette base se resserre pour les parents concernés. Elle passe aux 24 meilleures années pour un enfant, et aux 23 meilleures pour deux enfants ou plus. Mécaniquement, les années faibles pèsent moins lourd.
L’exemple type est celui d’une réduction d’activité après une naissance. Une mère qui a travaillé à mi-temps pendant deux ans voyait cette période tirer sa moyenne vers le bas. Ces années peuvent désormais sortir du calcul, ce qui fait remonter le salaire annuel moyen.
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4/5 Et ceux qui ne verront rien passer
Un point capital tempère l’enthousiasme, et il est rarement précisé. Le nouveau mode de calcul s’applique aux pensions liquidées à partir du 1er septembre. Les retraites déjà versées ne font pas l’objet d’un recalcul automatique.
Le second volet, celui de la carrière longue, concerne encore moins de monde. Le gouvernement estime qu’environ 3 % des femmes nées en 1970 y auront accès, soit un peu plus de 13 000 personnes. La conseillère retraite Sandrine Guilherm la juge la mesure la plus significative, tout en soulignant que très peu de femmes sont concernées.
Pour celles-là, l’enjeu est pourtant considérable. La prise en compte des trimestres liés aux enfants leur permettra de partir jusqu’à deux ans avant l’âge légal. Une possibilité qui leur était fermée jusqu’à présent.
Les fonctionnaires ne sont pas oubliées, mais par un autre canal. Une bonification d’un trimestre par enfant né depuis 2004 s’applique aux femmes fonctionnaires et militaires ayant accouché après leur recrutement. Le gain moyen estimé sur la pension avoisine 2 %.
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5/5 Les trois réflexes à avoir avant le 1er septembre
Premier réflexe : consultez votre relevé de carrière en ligne. Vérifiez que chacun de vos enfants y figure bien, avec les trimestres de majoration correspondants. Une omission à ce niveau faussera l’intégralité du nouveau calcul, et ces oublis restent fréquents.
Deuxième réflexe : si votre départ approche, intégrez la date du 1er septembre dans votre décision. À quelques semaines près, la base de calcul de votre pension change. Un rendez-vous avec un conseiller retraite permet de comparer les deux scénarios chiffrés.
Troisième réflexe : ne négligez pas les dispositifs complémentaires si votre pension reste modeste. Le rachat de trimestres, la pension de réversion et l’allocation de solidarité aux personnes âgées peuvent se cumuler à ces nouveaux droits. Votre caisse de retraite étudiera votre situation précise sur simple demande.
Un dernier mot pour les déjà retraitées. Si vous estimez que vos trimestres enfants ont été mal pris en compte lors de votre liquidation, une demande de révision reste possible auprès de votre caisse. Le nouveau calcul ne s’appliquera pas, mais une erreur ancienne, elle, se corrige encore.