Le calendrier vaccinal des plus de 65 ans s’est enrichi coup sur coup de deux nouveaux vaccins. Beaucoup se demandent s’ils vont devenir obligatoires.
1/5 Le calendrier des seniors s’est enrichi
Peu de gens l’ont remarqué. En moins d’un an, le calendrier vaccinal français s’est enrichi de deux vaccins destinés à toutes les personnes de 65 ans et plus. Deux infections que l’on croit souvent bénignes, et qui se révèlent pourtant redoutables passé cet âge.
Car après 65 ans, la liste s’allonge sérieusement. Rappel contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite tous les dix ans — auquel s’ajoute désormais la coqueluche, depuis le calendrier 2026 —, vaccination annuelle contre la grippe, contre le Covid-19… et maintenant ces deux nouveaux venus. De quoi s’y perdre un peu.
Ces ajouts ne sortent pas de nulle part. Ils répondent à des infections dont le poids sur les hospitalisations des personnes âgées est solidement documenté. Les autorités de santé ont d’ailleurs cherché à simplifier le calendrier, pour relever une couverture vaccinale jugée insuffisante.
D’où la question qui revient dans les cabinets comme dans les familles : ces nouveaux vaccins vont-ils devenir obligatoires ? Faudra-t-il bientôt les faire, qu’on le veuille ou non ? La réponse commence par une distinction que beaucoup ignorent.
2/5 Obligatoire ou recommandé : la différence compte
Commençons par le cadre légal. En France, l’obligation vaccinale vise presque exclusivement les nourrissons : treize vaccins sont obligatoires pour les tout-petits, les onze imposés depuis 2018 auxquels s’ajoutent les méningocoques ACWY et B pour les enfants nés depuis le 1er janvier 2023. Passé la petite enfance, la quasi-totalité des vaccins relèvent de la recommandation.
À ce jour, aucun vaccin n’est obligatoire du seul fait d’avoir plus de 65 ans. Des obligations existent bien, mais elles tiennent à d’autres motifs : certaines professions — la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 vient d’instaurer une obligation d’immunisation contre la rougeole pour les soignants et les professionnels de la petite enfance — ou certains territoires, comme la fièvre jaune en Guyane. L’âge, à lui seul, n’en crée aucune.
Soyons précis sur les mots. « Recommandé » signifie que le vaccin n’est pas juridiquement obligatoire : vous restez libre de l’accepter ou de le refuser. Mais cela signifie aussi que les autorités l’ont évalué et jugent son rapport bénéfices-risques favorable. Un conseil appuyé, pas une contrainte.
Alors, de quels vaccins parle-t-on ? De deux maladies très différentes, qui partagent un point commun : elles frappent bien plus fort avec l’âge. La première est une vieille connaissance, tapie dans votre corps depuis l’enfance. La seconde est une bactérie que vous portez peut-être déjà sans le savoir.
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3/5 Le premier : un virus endormi depuis l’enfance
Le voici : le vaccin contre le zona. Son origine surprend. Si vous avez eu la varicelle enfant — ce qui est le cas de la quasi-totalité des adultes — le virus n’a jamais quitté votre organisme. Il dort, tapi dans vos nerfs, depuis des décennies.
Avec l’âge, l’immunité faiblit et il peut se réveiller. C’est le zona : plaques douloureuses, brûlures, décharges électriques. Le plus redouté n’est pas l’éruption, mais les névralgies post-zostériennes, ces douleurs qui persistent parfois des mois après la guérison.
Depuis mars 2024, la Haute Autorité de santé recommande le vaccin Shingrix pour tous les adultes de 65 ans et plus, sans limite d’âge supérieure, ainsi que pour les personnes immunodéprimées dès 18 ans. Deux doses espacées de deux mois, remboursées à 65 % depuis décembre 2024.
Les chiffres de la HAS sont parlants. En conditions réelles, Shingrix réduit de 79,3 % le risque de développer un zona, et de 87 % celui de souffrir de névralgies post-zostériennes. Son prédécesseur, le Zostavax, plafonnait à 45,9 % et n’est plus disponible depuis juin 2024.
4/5 Le second : une bactérie que vous portez peut-être déjà
Le second vaccin cible le pneumocoque. Cette bactérie vit souvent tranquillement dans le nez ou la gorge, sans provoquer le moindre symptôme. Mais lorsque les défenses baissent, elle peut déclencher une pneumonie, une méningite ou une infection généralisée.
Le danger grandit nettement avec l’âge. Selon la HAS, l’incidence des infections invasives est six fois plus élevée à 89 ans qu’à 50 ans. Et leur mortalité varie de 10 à 30 % selon les études, en augmentant avec l’âge.
C’est la grande nouveauté du calendrier 2025. En janvier 2025, la HAS a élargi cette vaccination à toutes les personnes de 65 ans et plus, qu’elles aient ou non des maladies chroniques. Auparavant, seuls les patients déjà fragilisés étaient concernés. L’âge devient à lui seul un facteur de risque.
Le schéma est simple : une dose unique de Prevenar 20 — ou de Capvaxive, un second vaccin intégré au calendrier 2026 —, qui peut être administrée en même temps que le vaccin contre la grippe ou le Covid. Le Prevenar 20 est remboursé à 65 % depuis le 14 octobre 2025, le Capvaxive depuis fin novembre. La HAS espère ainsi relever une couverture vaccinale qui plafonnait entre 5 et 17 % chez les personnes à risque, sous l’ancien schéma à deux injections.
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5/5 Et un troisième, mais à partir de 75 ans
Une précision s’impose, car elle concerne peut-être vos parents. Un troisième vaccin a rejoint le calendrier des seniors : celui contre le VRS, le virus respiratoire syncytial. Ce nom vous dit quelque chose ? C’est le responsable de la bronchiolite du nourrisson.
Chez la personne âgée, ce virus d’hiver peut pourtant devenir grave. Les données françaises sont éloquentes : lors de l’hiver 2022-2023, les 75 ans et plus ont représenté 61 % des hospitalisations et 78 % des décès liés au VRS. D’où la recommandation de la HAS pour cette tranche d’âge.
Attention toutefois : il ne concerne pas tous les 65 ans et plus. Seuls les 75 ans et plus sont visés, ainsi que les 65 ans et plus souffrant d’une pathologie respiratoire chronique — la BPCO notamment — ou cardiaque, comme l’insuffisance cardiaque.
Et là, attention au portefeuille. Contrairement au zona et au pneumocoque, les vaccins contre le VRS ne sont toujours pas remboursés par l’Assurance maladie en pharmacie de ville, faute d’accord sur le prix entre les laboratoires et le Comité économique des produits de santé. En mars 2026, l’Académie nationale de médecine a publiquement réclamé le déblocage de ce dossier. Comptez environ 200 € la dose : mieux vaut se renseigner au préalable auprès de sa mutuelle santé, car certaines complémentaires santé senior couvrent tout ou partie de ce montant au titre de leurs garanties prévention. Une prise en charge existe en revanche à l’hôpital pour les publics ciblés.
Alors, faut-il les faire ? À ce jour, aucun de ces vaccins n’est obligatoire : ils relèvent uniquement de recommandations sanitaires. La décision vous appartient, mais elle se prend avec votre médecin ou votre pharmacien, seuls capables d’évaluer votre situation, vos antécédents et vos traitements.
Un dernier élément mérite réflexion. Chez une personne âgée, une infection sévère déclenche souvent un effet domino : hospitalisation, perte de muscle et d’appétit, puis difficulté à retrouver son autonomie. L’Académie nationale de médecine le souligne d’ailleurs à propos du VRS, dont l’infection peut précipiter une perte d’autonomie durable. Se protéger d’un microbe, c’est aussi protéger son indépendance.
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