Entre sécheresse historique et canicules à répétition, les préfets serrent la vis : dans plusieurs départements, allumer un barbecue peut désormais coûter jusqu’à 750 €. Tour de France des interdictions.
1/5 La règle que 90 % des Français ignorent
Avant même les arrêtés de l’été, une règle nationale s’applique déjà : il est interdit d’allumer un feu — barbecue compris — sur les terrains forestiers et jusqu’à 200 mètres de tout massif boisé, sauf pour le propriétaire des lieux. Bois, garrigue, landes, maquis : tout compte.
La sanction est précise : une contravention de 4ᵉ classe, prévue par le code forestier. Concrètement, une amende forfaitaire de 135 €, qui peut grimper jusqu’à 750 € devant le tribunal. Et dans plusieurs départements, l’interdiction englobe aussi la cigarette aux abords des massifs.
Mais ce n’est que le socle. Car provoquer un incendie, même involontairement, expose à des sanctions pénales autrement plus lourdes — avec l’obligation légale d’alerter immédiatement les secours. Et cet été, la sécheresse a poussé plusieurs préfets bien au-delà de la règle des 200 mètres.
2/5 La Loire : interdiction totale, jardins presque compris
Le cas le plus strict se trouve dans la Loire. Depuis le 7 juillet à midi, un arrêté préfectoral interdit « formellement » l’allumage des barbecues, braseros, méchouis et feux de camp à combustible solide — charbon de bois ou bois — sur l’ensemble du département.
Le contexte explique la fermeté : depuis le 1ᵉʳ juin, les pompiers ligériens sont intervenus 55 fois pour des feux de forêt et d’espaces naturels, soit 217 hectares partis en fumée. La préfecture veut préserver les capacités d’intervention des secours.
Seule souplesse : une exception très encadrée pour certaines parcelles privées attenantes à une habitation, sous conditions de sécurité strictes. Autrement dit, même dans son jardin, mieux vaut relire l’arrêté — ou basculer sur la plancha au gaz — avant de sortir le charbon.
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3/5 Le Sud : des cartes d’interdiction publiées chaque soir
Dans le Midi, le système est rodé — et redoutable. Les Bouches-du-Rhône, « département le plus exposé de France » au feu de forêt, réglementent l’accès à leurs 25 massifs du 1ᵉʳ juin au 30 septembre. Une carte officielle, publiée vers 18 h, fixe les règles du lendemain.
Les jours classés « très sévère », la nature ferme littéralement : accès, présence, circulation et travaux strictement interdits dans les massifs, des Alpilles aux Calanques. Feux et barbecues sont alors proscrits à proximité de toute zone boisée, et l’arrêté a encore été durci le 9 juillet.
Le Var, le Vaucluse et le Gard appliquent le même dispositif de cartes quotidiennes. La préfecture rappelle la statistique qui justifie tout : 90 % des départs de feu sont d’origine humaine — et la moitié relève de la simple imprudence. Un mégot, une étincelle, une grillade.
4/5 L’Ouest s’y met : le risque n’est plus réservé au Midi
Signe des temps, la façade atlantique rejoint la liste. En Pays de la Loire, un arrêté cadre couvre cinq départements — Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Mayenne, Sarthe, Vendée — avec des restrictions automatiques de mars à septembre, durcies par arrêtés temporaires dès que le risque grimpe.
C’est le cas en ce moment : la Loire-Atlantique a pris son arrêté le 9 juillet, le Maine-et-Loire le 8. En risque « élevé » ou « très élevé », l’emploi du feu se retrouve étroitement restreint, selon des modalités propres à chaque département — d’où l’importance de vérifier le texte local.
D’autres préfectures, ailleurs, commencent par restreindre les travaux et la circulation en forêt avant de toucher aux grillades. La géographie du risque incendie a changé : la sécheresse record de cet été expose des régions qui, il y a dix ans, ne se posaient même pas la question.
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5/5 Gaz, jardin, balcon : ce qui reste permis
Bonne nouvelle au milieu des restrictions : la quasi-totalité des arrêtés visent le combustible solide. Les barbecues au gaz et les planchas électriques restent tolérés presque partout — à condition de rester loin des zones boisées et de garder un œil sur les braises comme sur le vent.
Dans un jardin situé au-delà des 200 mètres réglementaires, la grillade reste en principe autorisée, sauf arrêté municipal ou préfectoral plus strict. Sur un balcon, tout dépend du règlement de copropriété et de la mairie. Dans le doute, un appel à la commune tranche en cinq minutes.
Le vrai réflexe de l’été tient en une phrase : vérifier l’arrêté en vigueur avant chaque allumage, car ces règles évoluent presque au jour le jour — une interdiction levée le lundi peut revenir le vendredi. Et si un départ de feu survient malgré tout : le 18 ou le 112, immédiatement.
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