Ce maillot de bain fait polémique sur les plages (photos)
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À la plage, le maillot de bain de cette maman provoque l’indignation (photos)

Depuis dix ans, un simple maillot de bain déchaîne les passions sur les plages françaises. Entre indignation, arrêtés municipaux et justice, voici ce que dit vraiment la loi.

1/5 L’été où tout a commencé

Retour à l’été 2016, quelques semaines après l’attentat de Nice. Le 23 août, sur une plage de Cagnes-sur-Mer, une altercation verbale éclate autour d’une famille. Deux de ses membres, dont une mère, portent une tenue de bain couvrante qui indigne d’autres vacanciers.

Cette tenue, c’est le burkini : un maillot qui couvre le corps et les cheveux, en laissant le visage découvert. Le mot, contraction de burqa et bikini, s’installe cet été-là dans toutes les conversations. Les photos d’un contrôle de police sur une plage de Nice font alors le tour du monde.

Burkini exemple

L’épisode de Cagnes-sur-Mer figure aujourd’hui noir sur blanc dans une décision de justice. Le Conseil d’État le qualifiera d’incident « de gravité limitée ». Dix ans plus tard, la polémique, elle, n’a jamais vraiment quitté les plages françaises.

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2/5 Ce que les maires ont tenté, été après été

Dès 2016, des dizaines de communes du littoral prennent des arrêtés municipaux d’interdiction. Mandelieu-la-Napoule, dans les Alpes-Maritimes, réglemente même les tenues de baignade depuis 2012. Chaque été ou presque, de nouveaux textes apparaissent sur la Côte d’Azur.

Les maires avancent plusieurs arguments pour justifier ces interdictions. Ils invoquent l’ordre public, dans un climat tendu par les attentats, ainsi que l’hygiène et la laïcité. Certains élus décrivent aussi un vêtement qu’ils jugent contraire à la dignité de la femme.

Le débat a même gagné l’Assemblée nationale. Une proposition de loi réclame d’étendre les pouvoirs des maires sur les équipements communaux. Ses auteurs y voient un signe de « prosélytisme » religieux, quand ses opposants dénoncent une atteinte aux libertés.

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3/5 Ce que la justice répond, et c’est sans appel

Face à ces arrêtés, la réponse du juge n’a jamais varié. Dès le 26 août 2016, le Conseil d’État suspend l’interdiction de Villeneuve-Loubet. Motif : elle porte atteinte à la liberté d’aller et venir, à la liberté de conscience et à la liberté personnelle.

La plus haute juridiction administrative a confirmé sa position à chaque nouvel été contentieux. En juillet 2023, elle invalide l’arrêté de Mandelieu-la-Napoule, puis un autre texte similaire en 2024. Pour être légale, une interdiction exigerait un « risque actuel et avéré pour l’ordre public ».

Or ce risque, les juges ne l’ont jamais considéré comme démontré. À Mandelieu, le Conseil d’État relève que la commune n’invoque aucun incident récent, seulement des faits vieux de sept et onze ans. En l’état du droit, un maire ne peut donc pas interdire cette tenue sur une plage.

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4/5 Plage et piscine : deux mondes juridiques opposés

Le grand public l’ignore souvent, mais le lieu change absolument tout. En piscine municipale, le burkini est généralement interdit, cette fois en toute légalité. Les règlements imposent des tenues de bain ajustées, au nom de la salubrité et de l’hygiène.

burkini illustration

L’affaire de Grenoble l’a confirmé avec éclat en 2022. La ville avait choisi d’autoriser le burkini dans ses bassins, avant que la justice administrative ne suspende cette décision. Le principe de neutralité du service public l’a emporté sur la délibération municipale.

Dernier épisode en date, le 17 juillet 2026, à Léguevin près de Toulouse. Le juge des référés a retoqué le règlement de la piscine qui visait nommément le « burkini ». La commune a aussitôt reformulé son texte en critères d’hygiène, applicables à toutes les tenues flottantes.

5/5 Un débat que chaque été rallume

Dix ans après Cagnes-sur-Mer, les positions restent irréconciliables. Pour ses détracteurs, cette tenue symbolise un recul de la place des femmes et un test de la laïcité. Pour ses défenseurs, elle relève de la liberté de conscience et permet à certaines de profiter simplement de la mer.

Entre les deux, le droit trace une ligne que peu de vacanciers connaissent. La plage relève de l’espace public, où la tenue reste libre tant que l’ordre public tient. La piscine relève du service public, où le règlement s’impose à tous les baigneurs.

Une chose paraît certaine : le sujet reviendra, sur le sable comme dans les prétoires. Les municipales de mars 2026 ont déjà ravivé la question dans plusieurs communes du littoral. Et chaque été, une simple silhouette au bord de l’eau suffit à relancer dix ans de débat français.

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