À Bastille, des manifestants chargent les CRS (vidéo)

Des manifestants chargent les CRS place de la Bastille : les images impressionnantes de la mobilisation lycéenne (vidéo)

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Une foule réunie dans le calme, puis les pavés, le canon à eau, et des manifestants qui chargent les CRS. La vidéo de la place de la Bastille ⬇️

1/5 Jeudi, place de la Bastille : d’abord le calme

Jeudi 8 octobre, place de la Bastille, à Paris. Plusieurs dizaines de milliers de personnes se rassemblent pour l’« acte IV » du mouvement lycéen. Dans un premier temps, la manifestation se déroule dans le calme, sous le regard des CRS déployés autour de la place.

Puis, en fin d’après-midi, la situation bascule. Selon un journaliste de l’AFP présent sur place, des pavés sont lancés sur les policiers, qui répliquent au canon à eau. La place, symbole de tant de mobilisations, devient le théâtre d’affrontements.

Les images, filmées au milieu de la foule, sont aussitôt reprises par plusieurs comptes d’information sur les réseaux sociaux. L’une d’elles, où l’on voit des manifestants charger les CRS en pleine place de la Bastille, circule particulièrement. Avant de la découvrir, il faut comprendre où en est le mouvement.

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2/5 Acte IV : où en est le mouvement lycéen

Lancé il y a près de trois semaines, le mouvement réclame de meilleures conditions d’enseignement : plus de professeurs, plus de moyens, et parfois même des tables dans les classes. Jeudi, le ministère de l’Intérieur a recensé 71 500 manifestants en France, dont 24 500 à Paris.

C’est nettement moins que mardi, où l’Intérieur comptait 256 000 manifestants à 17 heures. Mais la journée a de nouveau été marquée par des violences en marge des cortèges : les forces de l’ordre ont procédé au total à 504 interpellations ce jeudi, selon l’AFP.

Depuis le début du mouvement, le bilan s’alourdit de jour en jour, entre établissements dégradés et élèves, personnels et policiers blessés. À sept mois de l’élection présidentielle, le gouvernement cherchait une réponse. Elle est arrivée le soir même, quelques heures après les images de la Bastille.

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3/5 La vidéo : des manifestants chargent les CRS place de la Bastille

Voici les images qui circulent depuis jeudi soir. Selon le compte AlertesInfos, qui les a relayées à partir d’une vidéo de Luc Auffret, on y voit des manifestants charger les lignes de CRS sur la place de la Bastille :

Les affrontements ne se sont pas arrêtés là. Les CRS ont ensuite chargé à leur tour et dégagé le centre de la place, en faisant usage de gaz lacrymogène, rapporte France 24. La séquence ne permet pas, à elle seule, de savoir s’il y a eu des blessés.

Ces images ne résument pas pour autant toute la journée. Une grande partie du rassemblement s’est déroulée dans le calme, et les organisations lycéennes insistent depuis le début sur le fond de leurs revendications : les moyens de l’école. Mais en marge des cortèges, la tension reste vive, et la place de la Bastille en a été jeudi le symbole.

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4/5 Voiture, vitrine, commerce abîmés : qui paie ?

Après chaque manifestation qui dégénère, la même question revient chez les riverains et les commerçants : qui rembourse une voiture ou une vitrine abîmée ? La réponse surprend souvent. Selon l’article L121-8 du Code des assurances, l’assureur ne couvre pas, sauf mention contraire dans le contrat, les dommages causés par des émeutes ou des mouvements populaires.

Tout dépend donc de votre contrat. Les contrats professionnels intègrent très souvent une garantie spécifique, ce qui protège une bonne partie des commerçants. Pour les particuliers, c’est plus variable : relisez les conditions de votre assurance habitation et de votre assurance auto, et cherchez la mention « émeutes et mouvements populaires ». Une garantie obligatoire contre les émeutes a bien été créée par la loi de finances pour 2026, mais elle n’est pas encore entrée en vigueur.

Si l’assurance ne paie pas, une autre porte existe. Le Code de la sécurité intérieure prévoit que l’État est civilement responsable des dégâts causés par des attroupements ou rassemblements, armés ou non. La victime peut donc demander réparation à l’État : conservez photos, factures et récépissé de plainte. Un avocat, ou la garantie protection juridique de votre assurance, peut vous accompagner dans cette démarche.

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5/5 Le soir même, le gouvernement annonce 3 000 professeurs

Quelques heures après les affrontements, le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a présenté au journal de TF1 un « plan d’urgence ». « On a 3 000 professeurs remplaçants qui actuellement ne sont pas devant l’élève », a-t-il expliqué, annonçant leur arrivée « dans les heures qui viennent » dans plus de 500 lycées où la situation est la plus critique, classés « orange » et « rouge ».

Le gouvernement promet aussi de déposer des amendements au projet de budget pour prendre en compte certaines demandes des lycéens. Le ministre avait reçu plus tôt dans la journée des représentants lycéens au ministère. C’est la première série de mesures concrètes depuis le début du mouvement.

Reste à savoir si ces annonces suffiront à apaiser la colère. Le nombre de manifestants, en baisse jeudi, sera l’un des indicateurs à suivre dans les prochains jours. Pour les familles, une chose ne change pas : suivre au jour le jour les messages de l’établissement, et garder un œil sur les rassemblements annoncés près de chez soi.

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