Les principales actions armement cotées en Europe sont Rheinmetall, Thales, Dassault Aviation, Safran, Leonardo, BAE Systems, Saab, Kongsberg et Hensoldt. Toutes peuvent en principe être logées dans un PEA, sauf le britannique BAE Systems. Après des années d’envolée, le secteur marque le pas en Bourse en 2026, alors que la plupart des carnets de commandes atteignent des records.
Ce qu’il faut retenir
- Neuf grandes valeurs européennes à connaître, dont trois françaises : Thales, Dassault Aviation et Safran.
- Éligibles au PEA : Rheinmetall, Thales, Dassault Aviation, Safran, Leonardo, Saab, Hensoldt et, en principe, Kongsberg. BAE Systems ne l’est pas.
- Une année 2026 difficile en Bourse : Rheinmetall a perdu environ 35 % depuis janvier, malgré des commandes record.
- Notre calcul : Rheinmetall affiche environ 8 ans de chiffre d’affaires en carnet, Dassault Aviation 6 ans, Thales un peu plus de 2 ans.
- Côté ETF, le BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense est éligible au PEA, contrairement à la plupart de ses concurrents.
Quelles sont les principales actions armement en Bourse ?
L’industrie européenne de la défense est dominée par une poignée de groupes cotés, chacun avec sa spécialité. Le tableau ci-dessous les présente avec leur pays, leur cœur de métier et leur éligibilité au PEA, qui permet de loger les actions de sociétés européennes dans une enveloppe fiscale avantageuse.
| Société | Pays | Spécialité | PEA |
|---|---|---|---|
| Rheinmetall | Allemagne | Munitions, blindés, défense aérienne | Oui |
| Thales | France | Radars, électronique, missiles, spatial | Oui |
| Dassault Aviation | France | Avion de combat Rafale, jets Falcon | Oui |
| Safran | France | Moteurs, dont celui du Rafale (surtout aviation civile) | Oui |
| Leonardo | Italie | Hélicoptères, électronique de défense, véhicules | Oui |
| Saab | Suède | Avion Gripen, sous-marins, missiles | Oui |
| Hensoldt | Allemagne | Radars, optronique, guerre électronique | Oui |
| Kongsberg | Norvège | Missiles, défense aérienne NASAMS | En principe |
| BAE Systems | Royaume-Uni | Avions, sous-marins, systèmes terrestres | Non |
Pour Kongsberg, la Norvège fait partie de l’Espace économique européen, ce qui la rend en principe éligible : vérifiez auprès de votre courtier en ligne qu’il propose bien la Bourse d’Oslo. Pour en savoir plus sur le champion allemand, consultez notre analyse de l’action Rheinmetall.
Pourquoi les actions de la défense reculent en 2026
Le contraste est saisissant. Selon des chiffres relayés par Zonebourse en avril, les valeurs européennes de la défense avaient pris plus de 450 % depuis février 2022, contre environ 40 % pour l’ensemble des actions européennes. Avant la correction, l’indice européen du secteur se payait près de 29 fois les bénéfices attendus, proche du record atteint fin 2025 : beaucoup de bonnes nouvelles étaient déjà dans les cours.
La correction a suivi. Fin septembre, le secteur européen de la défense reculait d’environ 16 % depuis janvier, selon Option Finance. Au 27 octobre, Rheinmetall perd environ 35 % sur l’année et Safran près de 8 %, tandis que Thales est quasi stable et que Dassault Aviation gagne environ 11 %. Les investisseurs trient désormais davantage entre les dossiers.
Plusieurs coups durs ont pesé. En juin, l’Allemagne a abandonné son programme de frégates F126, ce qui a conduit Rheinmetall à abaisser ses prévisions de ventes 2026 en août. Côté diplomatie, chaque avancée vers une désescalade en Ukraine fait tanguer le secteur : le 11 octobre, Donald Trump a annoncé un « cessez-le-feu énergétique » entre Kiev et Moscou, que les deux pays n’avaient pas confirmé dans la foulée.
Les budgets militaires continuent pourtant de grimper
Sur le fond, la tendance reste porteuse. En juin 2025, les pays de l’OTAN se sont engagés à consacrer 5 % de leur PIB à la défense et à la sécurité d’ici 2035, dont 3,5 % pour la défense au sens strict. L’Union européenne a créé de son côté le programme SAFE, doté de 150 milliards d’euros de prêts pour les achats d’armement.
Ces financements se traduisent déjà en commandes. La Roumanie a ainsi attribué en mai 2026 un paquet de 5,7 milliards d’euros à Rheinmetall, financé par SAFE, pour des véhicules blindés, des systèmes antiaériens, des navires et des munitions. Selon des estimations relayées par Option Finance, le budget de défense allemand devrait atteindre environ 150 milliards de dollars en 2026, en hausse de 30 % sur un an.
Pour les industriels, c’est surtout le poste équipement qui compte. RBC anticipe une hausse de 16 % par an des achats d’équipements militaires en Europe jusqu’en 2030, deux fois plus vite que les budgets de défense dans leur ensemble. C’est ce décalage entre des perspectives solides et des cours en repli qui alimente aujourd’hui le débat chez les analystes.
Combien d’années de travail dans les carnets ? Notre calcul
Pour mesurer la visibilité de chaque groupe, nous avons divisé son carnet de commandes au 30 juin 2026 par son chiffre d’affaires 2025. Le résultat indique combien d’années d’activité sont déjà signées. C’est un indicateur de visibilité, pas de valorisation : il ne dit pas si l’action est chère ou bon marché.
| Société | Carnet au 30/06/2026 | Chiffre d’affaires 2025 | Années de carnet |
|---|---|---|---|
| Rheinmetall | 80,5 Md€ | 9,9 Md€ | 8,1 |
| Dassault Aviation | 45,4 Md€ | 7,4 Md€ | 6,1 |
| Kongsberg | 152,8 Md NOK | 31,6 Md NOK | 4,8 |
| Hensoldt | 10,4 Md€ | 2,5 Md€ | 4,2 |
| Saab | 318 Md SEK | 79,1 Md SEK | 4,0 |
| Leonardo | 58,6 Md€ | 19,5 Md€ | 3,0 |
| BAE Systems | 84,0 Md£ | 30,7 Md£ | 2,7 |
| Thales | 52,4 Md€ | 22,1 Md€ | 2,4 |
Rheinmetall arrive en tête, mais son « Backlog » inclut aussi les commandes attendues dans le cadre d’accords-cadres, ce qui le gonfle par rapport à ses concurrents. Dassault Aviation doit sa deuxième place aux 208 Rafale restant à livrer, dont 165 à l’export. À l’inverse, Thales et BAE Systems, plus diversifiés, comptent davantage d’activités à cycle court, qui pèsent moins dans le carnet.
Ces carnets incluent aussi des activités civiles, comme les jets Falcon de Dassault ou les hélicoptères de Leonardo. Safran n’apparaît pas dans le tableau, faute de carnet publié comparable : le groupe réalise l’essentiel de son activité dans l’aviation civile. Pour Kongsberg, les chiffres excluent les coentreprises et la branche maritime, séparée du groupe en avril 2026.
Les actions armement françaises à suivre
Thales
est le pilier français de l’électronique de défense. Sur neuf mois, ses ventes atteignent 16,4 milliards d’euros, en hausse de 8,1 % à périmètre constant, et ses commandes progressent de 15 %. Le groupe a annoncé en juillet le rachat d’Exail, spécialiste des drones sous-marins, pour environ 3,9 milliards d’euros dette comprise.
Dassault Aviation vit au rythme du Rafale. Le constructeur vise environ 8,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2026, avec 28 Rafale livrés, et négocie une commande de 114 appareils avec l’Inde, dont la signature n’avait pas été annoncée fin octobre. L’arrêt en juin du SCAF, le projet d’avion de combat franco-allemand, rebat par ailleurs les cartes de l’avion de combat du futur.
Safran est moins exposé à la défense qu’on ne le croit : la majorité de ses revenus vient des moteurs d’avions civils. Il fabrique toutefois le moteur M88 du Rafale et des équipements de navigation et d’optronique. Le groupe a relevé fin juillet ses objectifs 2026. Découvrez notre fiche sur l’action Safran.
Comment investir dans l’armement avec un PEA ?
La première option consiste à acheter directement les actions européennes éligibles, comme Thales, Dassault Aviation, Rheinmetall ou Leonardo. Assurez-vous que votre courtier donne accès aux places étrangères (Francfort, Milan, Stockholm) et regardez les frais de transaction, souvent plus élevés hors de Paris. Pour aller plus loin, voyez notre sélection des meilleures actions éligibles au PEA.
Pour diversifier en une seule ligne, un ETF défense est souvent plus simple. Parmi les principaux ETF du secteur, le seul éligible au PEA dans le comparatif de Finary de l’été 2026 est le BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense, qui réplique un indice d’une trentaine de valeurs européennes de la défense, selon BNP Paribas Asset Management. Ses frais courants tournent autour de 0,2 % par an.
Les autres ETF défense, comme ceux de VanEck ou HANetf, ne sont pas éligibles au PEA car ils contiennent trop de valeurs hors d’Europe : ils se logent sur un compte-titres ou en assurance-vie selon les contrats. Nous les comparons dans notre guide des meilleurs ETF défense.
Et les actions armement américaines ?
Les grands noms américains, comme Lockheed Martin (avion F-35), RTX (missiles Patriot), Northrop Grumman ou General Dynamics, ne sont pas éligibles au PEA. Ils se détiennent sur un compte-titres, avec un risque de change lié au dollar. Ils dépendent avant tout du budget du Pentagone, alors que les valeurs européennes profitent davantage du réarmement du Vieux Continent.
Questions fréquentes
Rheinmetall est-elle éligible au PEA ?
Oui. Rheinmetall est une société allemande cotée à Francfort, donc éligible au PEA, à condition que votre courtier propose cette place. Son carnet de commandes atteignait 80,5 milliards d’euros au 30 juin 2026, et ses résultats du troisième trimestre sont attendus le 5 novembre.
Peut-on investir dans KNDS, le fabricant du char Leclerc et du canon Caesar ?
Pas pour l’instant. Le groupe franco-allemand KNDS a reporté fin juin 2026 son introduction en Bourse, prévue à Paris et Francfort. Son directeur général juge encore possible une cotation en 2026, si les conditions de marché le permettent.
Quelle action armement française choisir ?
Tout dépend de ce que vous cherchez. Thales est le plus diversifié, Dassault Aviation le plus concentré sur un seul produit, le Rafale, et Safran reste d’abord un dossier d’aviation civile. Aucune de ces valeurs n’est sans risque, et il est prudent de répartir son investissement.
Est-ce le bon moment pour investir dans la défense ?
Personne ne peut le prédire. Le recul de 2026 a fait baisser les valorisations, mais une avancée vers la paix en Ukraine ou des retards de commandes peuvent encore peser sur les cours. Un investissement progressif, sur un horizon long, limite le risque d’entrer au plus haut.
Cet article est fourni à titre d’information et ne constitue pas un conseil en investissement. Investir en Bourse comporte un risque de perte en capital. Cours et performances au 27 octobre 2026.