Le Porge sacrifié pour le Cap Ferret ? Les pompiers répondent

Les habitants du Porge sacrifiés au profit des villas de luxe du Cap Ferret ? Le chef des pompiers sort du silence

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185 maisons brûlées d’un côté, des villas préservées de l’autre : au Porge, les habitants parlent de sacrifice. Le chef des pompiers a répondu — voici ses mots ⬇️

1/6 La nuit où Le Porge a brûlé

Dans la nuit du 23 au 24 juillet, le mégafeu parti de Saumos a fondu sur Le Porge. La commune a été « complètement encerclée par les flammes de plus de 40 mètres de haut », raconte son maire, Martial Zaninetti, décrivant une situation « à la limite du soutenable ».

Au matin, le bilan dépasse tout ce que la Gironde a connu de mémoire d’homme. Selon le décompte de la mairie, 185 maisons ont été détruites dans cette commune de 3 400 habitants. Soit 12 % du parc immobilier, rayé de la carte en quelques heures.

L’incendie, le plus dévastateur en France depuis 1949, a brûlé 42 000 hectares avant d’être maîtrisé. Et Le Porge concentre à lui seul 183 des 240 habitations parties en fumée. C’est de ce chiffre écrasant qu’est née la colère.

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2/6 « Sacrifiés » : l’accusation qui monte des cendres

À quelques kilomètres des ruines, la presqu’île du Cap Ferret et ses villas sont restées quasiment intactes. Ce contraste nourrit une accusation grave, portée par des habitants nommément cités dans la presse. « Le Porge a été sacrifié sur l’autel de la presqu’île », affirme Delphine, dont la maison a brûlé.

Des témoins cités par Le Monde vont plus loin : quand la presqu’île a été menacée, des pompiers qui défendaient leurs maisons « ont dû repartir ». Le gestionnaire de la forêt communale, ancien pompier volontaire, assure qu’au pire moment, il ne restait que « le fourgon et l’unité du Porge ». Jusqu’à l’adjointe au maire, qui confie avoir eu l’impression que « Le Ferret avait une espèce de priorité ».

La colère s’est organisée. Plus de 700 résidents se sont regroupés en collectif et ont confié leur dossier à un avocat bordelais. Une plainte pénale est envisagée pour reconstituer la chaîne des décisions : horaires d’évacuation, jugés tardifs ou confus par beaucoup, répartition des pompiers et des moyens aériens.

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3/6 « Nous n’avons jamais abandonné Le Porge » : le chef répond

Face à l’ampleur de la polémique, le patron des pompiers de Gironde a fini par répondre longuement, dans un entretien à Sud Ouest. « Nous n’avons jamais abandonné Le Porge », affirme d’emblée le contrôleur général Marc Vermeulen, directeur du SDIS 33 depuis 2022.

Il ne nie pas tout, et c’est ce qui rend sa réponse intéressante. « Oui, il y a eu du mouvement vers Lacanau et Lège », reconnaît-il. Mais un mouvement « de médecins, de camions de carburant, de soutien sanitaire », précise-t-il, chiffres à l’appui.

Sa ligne de défense tient en une phrase, martelée : il n’y a pas eu de détournement des moyens de lutte contre le feu. Les camions qui arrosaient Le Porge ne sont pas partis protéger des villas, selon lui. Il admet cependant que « la manœuvre a pu susciter une incompréhension ».

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4/6 Les stars, les coups de fil et le cul-de-sac : sa version complète

Restait la rumeur la plus explosive : des personnalités de la presqu’île auraient décroché leur téléphone pour faire protéger leurs biens. La réponse du chef des pompiers est cinglante. « Je ne suis pas mondain, ils n’ont pas mon numéro », balaye-t-il, assurant n’avoir reçu « aucune pression » d’une quelconque autorité, préfectorale ou élue.

Sa justification tactique repose sur la géographie. Les résidents et touristes du Cap Ferret se trouvaient dans un « cul-de-sac », le feu arrivant par le nord, sans autre échappatoire que la mer. « Je réponds à la priorité numéro 1 : sauver des vies », des vies qui « jusqu’à nouvel ordre ont toutes la même valeur ».

Il avance enfin deux chiffres pour solder le débat. Aucune victime n’est à déplorer dans la population, et selon une première étude, 90 % du bâti menacé par l’incendie a été préservé. « Chaque maison brûlée est une maison de trop. J’entends les interrogations », concède-t-il malgré tout.

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5/6 Pour les 185 familles, l’autre bataille commence

Pendant que la polémique enfle, les sinistrés affrontent un second front : celui de l’indemnisation. La garantie incendie constitue le socle de tout contrat multirisque habitation, et couvre la reconstruction comme le contenu. Encore faut-il que les capitaux déclarés soient à jour, ce que beaucoup découvrent trop tard.

Les premiers réflexes conditionnent la suite du dossier. Déclarer le sinistre au plus vite, photographier et lister chaque bien détruit, conserver tous les justificatifs d’achat retrouvés. L’assurance habitation doit aussi prendre en charge le relogement d’urgence, et des acomptes peuvent être demandés sans attendre l’expertise finale.

Pour tous les lecteurs vivant près d’un massif forestier, ce drame rappelle une obligation méconnue. Le débroussaillement est légalement obligatoire autour des habitations en zone à risque, et son absence peut réduire l’indemnisation. Vérifiez votre situation en mairie avant l’été prochain, pas après.

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6/6 La question que la justice devra trancher

Deux récits irréconciliables se font désormais face. D’un côté, des habitants qui ont vu les camions partir pendant que leurs maisons brûlaient. De l’autre, un commandement qui jure n’avoir déplacé que de la logistique, au nom de vies humaines coincées dans un cul-de-sac.

La préfète de Gironde, Sophie Brocas, soutient la même ligne : la priorité était de « sauver des vies », et beaucoup de rumeurs ont circulé. Il n’empêche : la plainte du collectif obligera, si elle prospère, à ouvrir les registres opérationnels heure par heure.

C’est peut-être la seule bonne nouvelle de cette histoire. Horaires d’évacuation, positionnement des moyens, ordres donnés et refusés : tout existe par écrit dans les journaux de commandement. Les 185 familles du Porge, elles, attendent moins des excuses qu’une chose simple : la vérité, minute par minute.

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