Près de 100 000 postes restent à pourvoir chez notre voisin suisse. Voici les métiers qui peinent le plus à recruter — et les salaires réellement pratiqués.
1/5 Près de 100 000 postes vacants : le chiffre officiel
Le chiffre vient de tomber, et il est vertigineux. Selon l’Office fédéral de la statistique, les entreprises suisses ont déclaré 98 200 postes vacants au premier trimestre 2026. Soit une hausse de 5 % en un an, et l’équivalent de 1,7 % de tout le volume de l’emploi du pays.
Précisons d’emblée pour éviter tout malentendu : il ne s’agit pas d’une campagne de recrutement lancée par l’État suisse, mais bien de postes déclarés par les entreprises dans la statistique trimestrielle officielle. Des emplois réels, à pourvoir, recensés par l’administration fédérale.
Rapporté à la population française, cela équivaudrait à plus de 800 000 postes ouverts. Et la tension progresse surtout dans le secteur secondaire — industrie et construction — avec une hausse de 6,8 %, contre 4,5 % dans les services. De quoi intéresser bon nombre de travailleurs français.
2/5 Pourquoi les entreprises suisses peinent à recruter
Le pays compte aujourd’hui 5,54 millions d’emplois, un record, en progression constante. Mais cette croissance se heurte à un marché du travail déjà saturé : avec l’un des taux d’activité les plus élevés d’Europe, la Suisse a peu de réserves de main-d’œuvre disponibles sur son sol.
Résultat, plus d’un tiers des entreprises — 34,3 % précisément — déclarent rencontrer des difficultés à recruter du personnel qualifié. La démographie aggrave la situation dans certains secteurs, notamment la santé, où une part importante des praticiens approche de la retraite.
D’où l’intérêt structurel pour les candidats étrangers, et particulièrement les frontaliers français, qui traversent chaque jour la frontière. Un système bien rodé, encadré par le permis G, qui permet de résider en France tout en travaillant en Suisse.
📚 À lire aussi : La Suisse recrute encore des Français en 2026 : les métiers accessibles sans diplôme payés jusqu’à 6000€ par mois
3/5 Les métiers les plus recherchés
La santé arrive en tête des besoins. Infirmiers, aides-soignants, médecins : la pénurie y est structurelle et durable, accentuée par le vieillissement du corps médical. Les diplômes français y sont reconnus, moyennant une procédure de validation officielle à anticiper.
Vient ensuite l’informatique, où la tension est telle que la Confédération a assoupli ses règles de recrutement hors Union européenne. Développeurs, ingénieurs systèmes, spécialistes de la cybersécurité et de la donnée figurent parmi les profils les plus courtisés du marché helvétique.
L’industrie et la construction concentrent la plus forte progression des postes vacants. Horlogerie, pharmacie, outils de précision, aéronautique : les fleurons suisses cherchent des ouvriers spécialisés, des techniciens de maintenance et des ingénieurs qualifiés.
Deux autres secteurs complètent le tableau. L’hôtellerie-restauration, en manque chronique de personnel depuis la pandémie, et l’enseignement, où les départs à la retraite conjugués à la hausse du nombre d’élèves creusent les effectifs dans tout le pays.
4/5 Les salaires réellement pratiqués
Place aux chiffres. Selon la dernière enquête de l’Office fédéral de la statistique, le salaire brut s’établit à 7 024 francs par mois, soit environ 7 500 euros. Autrement dit : la moitié des salariés suisses gagnent davantage, l’autre moitié moins.
Les écarts par secteur sont considérables. La finance et l’assurance dominent, autour de 9 000 francs, suivies de l’informatique — près de 8 500 francs pour un développeur expérimenté. L’industrie tourne autour de 7 000 francs, un infirmier qualifié autour de 6 500, tandis que l’hôtellerie-restauration plafonne plutôt vers 5 000.
Le canton compte tout autant. Zurich avoisine les 8 000 francs, Genève dépasse fréquemment 7 500, la Suisse romande se situe autour de 6 800, et les cantons ruraux comme le Jura ou le Valais tournent plutôt autour de 6 000. Les 10 % les mieux payés, eux, dépassent 12 526 francs mensuels.
Deux précisions utiles pour bien lire ces montants. Le treizième salaire est une pratique courante en Suisse, versé en décembre. Et à l’autre bout de l’échelle, les 10 % les moins bien rémunérés perçoivent moins de 4 635 francs — la Suisse n’est pas uniformément dorée.
📚 À lire aussi : Emploi des seniors : les métiers qui recrutent le plus après 50 ans en 2026
5/5 La réalité derrière les chiffres
Une nuance s’impose, et elle est importante. La pénurie de personnel qualifié s’atténue légèrement : la proportion d’entreprises en difficulté a reculé de deux points en un an, et le chômage suisse est reparti à la hausse. Le marché reste porteur, mais il n’a rien d’un eldorado automatique.
Côté démarches, la règle est stricte : il faut d’abord décrocher une offre d’emploi avant toute demande de permis. Prévoyez également la reconnaissance officielle de vos diplômes selon la profession, et un bon niveau dans la langue du canton — français, allemand ou italien.
Reste le coût de la vie, souvent sous-estimé. Logement, assurance maladie obligatoire, alimentation : les dépenses suisses absorbent une part importante du salaire. C’est ce qui explique le succès du statut de frontalier, qui combine revenu helvétique et dépenses françaises. Toutes les offres officielles sont consultables sur arbeit.swiss.
📚 À lire aussi : L’armée française recrute des seniors : postes ouverts après 50 ans et salaire