Perdre un proche, c’est déjà une épreuve. S’y ajoute souvent une inquiétude bien concrète : que devient son argent à la banque, et comment y accéder ?
Bonne nouvelle : les règles sont claires. Voici, étape par étape, les démarches pour retirer l’argent du défunt en banque.
1/6 Dès le décès, les comptes sont bloqués
Dès qu’elle est informée du décès, la banque bloque automatiquement les comptes individuels du défunt : compte courant, livrets, comptes d’épargne. Plus aucun retrait, virement ou prélèvement n’est possible.
Cette mesure protège l’argent en attendant le règlement de la succession, comme le rappelle le site officiel Service-Public. À noter : toute procuration donnée de son vivant prend fin immédiatement au moment du décès.
2/6 Le cas particulier du compte joint
Le compte joint échappe en principe au blocage. Le cotitulaire survivant peut continuer à l’utiliser sous sa seule signature, ce qui lui évite de se retrouver sans ressources du jour au lendemain.
Attention toutefois : les héritiers du défunt ou le notaire peuvent en demander le blocage. Et pour la succession, les sommes d’un compte joint sont présumées appartenir pour moitié à chaque cotitulaire, sauf preuve contraire.
3/6 Payer les obsèques sans attendre
Même bloqué, le compte du défunt peut servir à régler les funérailles. C’est un droit légal prévu par l’article L312-1-4 du Code monétaire et financier, et non une simple faveur de la banque.
La personne qui organise les obsèques peut obtenir le paiement direct des frais funéraires, sur présentation de la facture, dans la limite d’un plafond légal de l’ordre de 5 000 € (revalorisé régulièrement) et du solde disponible sur le compte.
Un héritier en ligne directe peut aussi faire régler d’autres dépenses urgentes — frais de dernière maladie, impôts, loyer — dans la même limite. Et rassurez-vous : régler ces frais n’oblige pas à accepter la succession, vous gardez le droit d’y renoncer.
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4/6 Récupérer l’argent : les documents à fournir
Pour débloquer le reste, la première pièce à fournir est l’acte de décès, à remettre à la banque. Ensuite, tout dépend de la taille et de la complexité de la succession.
Si le total des avoirs est inférieur à 5 965 € (seuil 2026) et qu’il n’y a pas de bien immobilier, un héritier peut clôturer le compte seul. Il lui suffit d’une attestation signée par tous les héritiers, d’une pièce d’identité et d’un RIB, sans passer par un notaire.
Au-delà de ce seuil, ou en présence d’un testament, de biens immobiliers ou d’une succession complexe, il faut un acte de notoriété établi par un notaire, puis transmis à la banque.
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5/6 Les frais bancaires : ce qui a changé en votre faveur
Jusqu’à récemment, chaque banque fixait librement ses « frais de succession », parfois très élevés et très variables d’un établissement à l’autre. Une loi de 2025 a mis bon ordre.
Désormais, ces frais sont plafonnés à 1 % du total des comptes du défunt, sans pouvoir dépasser 857 €. Mieux : ils sont gratuits dans plusieurs cas, notamment lorsque les avoirs restent sous 5 965 € dans une succession sans complexité, comme l’explique l’administration.
Le bon réflexe : exigez une estimation écrite des frais avant toute signature, et n’hésitez pas à la contester si elle dépasse le plafond légal.
6/6 Combien de temps pour récupérer les fonds ?
Il n’existe pas de délai légal universel. Pour une petite succession sans notaire, le déblocage prend généralement quelques semaines. Pour une succession classique nécessitant un acte de notoriété, comptez plutôt deux à quatre mois.
Un dernier conseil utile : en tant qu’héritier, vous pouvez consulter le fichier Ficoba pour vérifier que vous avez bien recensé tous les comptes du défunt, y compris ceux que vous ignoriez.
L’argent n’est donc jamais perdu : il est simplement mis en sécurité le temps des démarches. Plus vite vous prévenez la banque et réunissez les documents, plus vite la famille pourra y accéder.
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