Décès : comment retirer l'argent du défunt à la banque
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Après un décès, quelles démarches pour retirer l’argent du défunt en banque ?

Perdre un proche soulève vite une question concrète : que devient son argent en banque ? Bonne nouvelle, les règles sont claires. Voici les démarches, étape par étape.

1/5 Dès le décès, les comptes sont bloqués (sauf un)

Dès qu’elle est informée du décès, la banque bloque automatiquement les comptes individuels du défunt : compte courant, livrets et comptes d’épargne. Plus aucun retrait, virement ou prélèvement n’est alors possible. Cette mesure protège l’argent en attendant le règlement de la succession, comme le rappelle le site officiel Service-Public.

Autre conséquence immédiate : toute procuration donnée de son vivant prend fin au moment du décès. Autrement dit, même un proche habitué à gérer les comptes ne peut plus effectuer la moindre opération. Mieux vaut donc prévenir la banque rapidement, avec un acte de décès à l’appui.

Le compte joint, lui, échappe en principe au blocage. Le cotitulaire survivant peut continuer à l’utiliser sous sa seule signature, ce qui lui évite de se retrouver sans ressources du jour au lendemain. Attention toutefois : les héritiers ou le notaire peuvent en demander le blocage, et les sommes sont présumées appartenir pour moitié à chaque cotitulaire, sauf preuve contraire.

2/5 Payer les obsèques sans attendre le notaire

Même bloqué, le compte du défunt peut servir à régler les funérailles. C’est un droit légal prévu par l’article L312-1-4 du Code monétaire et financier, et non une simple faveur de la banque. Inutile, donc, d’avancer ces sommes si le compte est suffisamment garni.

Concrètement, la personne qui organise les obsèques peut obtenir le paiement direct des frais funéraires, sur présentation de la facture. Ce droit s’exerce dans la limite d’un plafond légal de l’ordre de 5 000 €, revalorisé régulièrement, et bien sûr du solde disponible sur le compte.

Un héritier en ligne directe peut aussi faire régler d’autres dépenses urgentes — frais de dernière maladie, impôts, loyer — dans la même limite. Et rassurez-vous : régler ces frais n’oblige pas à accepter la succession. Vous conservez entièrement le droit d’y renoncer par la suite.

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3/5 Récupérer l’argent : les documents à fournir

Pour débloquer le reste, la première pièce à fournir est l’acte de décès, à remettre à la banque. Ensuite, tout dépend de la taille et de la complexité de la succession. Deux grands cas de figure se présentent, avec des formalités très différentes.

Si le total des avoirs est inférieur à 5 965 € (seuil 2026) et qu’il n’y a pas de bien immobilier, un héritier peut clôturer le compte seul. Il lui suffit d’une attestation signée par tous les héritiers, d’une pièce d’identité et d’un RIB. Aucun passage par un notaire n’est alors nécessaire.

Au-delà de ce seuil, la procédure se corse un peu. En présence d’un testament, de biens immobiliers ou d’une succession complexe, il faut un acte de notoriété établi par un notaire. Ce document, transmis à la banque, permet ensuite le versement des fonds aux héritiers.

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4/5 Les frais bancaires : ce qui a changé en votre faveur

Jusqu’à récemment, chaque banque fixait librement ses « frais de succession », parfois très élevés et très variables d’un établissement à l’autre. Résultat, la facture pouvait atteindre plusieurs centaines d’euros pour de simples formalités. Une loi de 2025 a heureusement mis bon ordre à ces pratiques.

Désormais, ces frais sont plafonnés à 1 % du total des comptes du défunt, sans pouvoir dépasser 857 €. Mieux : ils sont gratuits dans plusieurs cas, notamment lorsque les avoirs restent sous 5 965 € dans une succession sans complexité, comme l’explique l’administration.

Le bon réflexe à adopter : exigez une estimation écrite des frais avant toute signature. De plus, n’hésitez pas à la contester auprès de l’établissement si elle dépasse le plafond légal. La réglementation joue désormais clairement en faveur des familles.

5/5 Délais, Ficoba, assurance-vie : les derniers réflexes utiles

Il n’existe pas de délai légal universel pour récupérer les fonds. Pour une petite succession sans notaire, le déblocage prend généralement quelques semaines. Pour une succession classique nécessitant un acte de notoriété, comptez plutôt deux à quatre mois selon les dossiers.

Deux vérifications méritent le détour. En tant qu’héritier, vous pouvez consulter le fichier Ficoba pour recenser tous les comptes du défunt, y compris ceux que vous ignoriez. Pensez aussi à rechercher une éventuelle assurance-vie : elle suit un circuit distinct, en dehors de la succession bancaire classique.

L’argent n’est donc jamais perdu : il est simplement mis en sécurité le temps des démarches. Plus vite vous prévenez la banque et réunissez les documents, plus vite la famille pourra y accéder. Une organisation rigoureuse épargne bien des tracas dans un moment déjà difficile.

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