La manifestation interdite du 24 octobre a fini dans la tension à Bordeaux. Une vidéo montre même des forains face à des individus cagoulés ⬇️
1/5 Une soirée qui dégénère en plein Bordeaux
Samedi 24 octobre, en fin de journée, à Bordeaux. Alors que la manifestation touche à sa fin, une scène inattendue est filmée : d’un côté, des hommes présentés comme des forains, de l’autre, des individus au visage dissimulé. Les deux groupes se font face, puis s’affrontent.
La séquence est publiée sur X dimanche, et fait aussitôt réagir. Son auteur l’accompagne d’un commentaire politique, en présentant les individus cagoulés comme des militants « antifas ». Leur identité réelle, comme celle des autres protagonistes, n’a pas été confirmée.
Le Bulletin Bordelais rapporte de son côté de nouvelles violences dans le secteur des Quinconces après la manifestation, avec plusieurs vidéos montrant des individus armés de battes et de barres métalliques. Avant de découvrir ces images, retour sur une journée sous haute tension.
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2/5 Bordeaux, une manifestation interdite qui a rassemblé 15 500 personnes
Une semaine après les vols et les dégradations du 17 octobre, la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, avait interdit toute manifestation dans l’hypercentre de Bordeaux ce samedi. Saisi en urgence, le tribunal administratif a confirmé cette interdiction en début d’après-midi, alors que les manifestants commençaient déjà à se rassembler.
Malgré tout, environ 15 500 personnes se sont réunies à 14 heures place de la Bourse, selon la préfecture. Le cortège a d’abord progressé dans le calme, par le cours Victor-Hugo, la place Gambetta et les Quinconces, avant de revenir à son point de départ. C’est en fin de parcours que les tensions ont éclaté, place Gambetta et place de la Bourse.
Le dispositif de sécurité avait été nettement renforcé par rapport à la semaine précédente : RAID, BRI, canons à eau et véhicule blindé, selon Sud Ouest. En soirée, vers 19h15, les forces de l’ordre sont encore intervenues cours Pasteur et place de la Victoire pour démonter de nouvelles barricades.
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3/5 La vidéo : forains et individus cagoulés face à face
Voici la vidéo qui fait polémique. Selon son auteur, elle montre un affrontement entre des forains et des individus au visage dissimulé, à Bordeaux :
Affrontement entre forains 🎠🎪 et antifas émeutiers au visage dissimulé à Bordeaux. https://t.co/psXYntBZrH
— Jean Bexon (@jean_bexon) October 25, 2026
Le lieu précis, l’heure et le déroulé exact de la scène n’ont pas été établis. La séquence correspond probablement aux violences signalées aux Quinconces, où deux personnes auraient été blessées selon le Bulletin Bordelais, mais le lien n’est pas confirmé. On ignore aussi qui a déclenché l’affrontement.
Ces images divisent. Pour certains, elles montrent des forains défendant leur outil de travail face à des casseurs. Pour d’autres, elles illustrent une dérive inquiétante : des groupes qui s’arment et se font justice eux-mêmes en marge des cortèges. C’est à l’enquête, si elle est ouverte, d’établir les faits.
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4/5 Se défendre face à des casseurs : ce que dit la loi
Face à des dégradations, la tentation de se défendre soi-même est forte. Le Code pénal reconnaît la légitime défense, mais l’encadre strictement : elle doit répondre à une atteinte injustifiée, au moment même où elle se produit, et rester proportionnée. Pour protéger un bien, comme un manège ou un commerce, la défense doit être strictement nécessaire, et ne peut jamais aller jusqu’à l’homicide volontaire.
S’armer à l’avance, en revanche, pose problème. Se munir de battes ou de barres de fer pour aller au contact peut être poursuivi, tout comme participer à un groupement en vue de commettre des violences, puni d’un an de prison et de 15 000 € d’amende. Et la dissimulation volontaire du visage dans une manifestation où des troubles sont commis est aussi un délit, puni des mêmes peines.
Pour les forains comme pour les commerçants, le meilleur réflexe reste d’alerter le 17, de se mettre à l’abri, puis de documenter les dégâts. Les dommages causés lors d’émeutes ne sont couverts que si l’assurance professionnelle le prévoit, ce qui est très souvent le cas, et un avocat ou la garantie protection juridique du contrat peuvent accompagner les démarches.
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5/5 Le bilan d’une journée sous tension
Selon le bilan provisoire de la préfecture de la Gironde, arrêté à 20 heures, 44 personnes ont été interpellées, notamment pour transport d’objets dangereux, attroupement en vue de commettre des délits ou jets de projectiles sur les forces de l’ordre. Trois personnes ont été blessées, deux membres des forces de l’ordre et un manifestant, et huit commerces ont été touchés par des dégradations ou des pillages.
La préfète a fermement condamné les dégradations et les violences envers les forces de l’ordre. Selon les premiers bilans, les dégâts restent toutefois moins importants que ceux de la semaine précédente. Dans toute la France, l’acte II de la mobilisation contre la vie chère a réuni 410 000 personnes selon le ministère de l’Intérieur, et 800 000 selon la CGT.
Reste cette vidéo, qui pose une question dérangeante. Quand des groupes s’affrontent eux-mêmes en marge des cortèges, la tension ne se joue plus seulement entre manifestants et forces de l’ordre. Et c’est peut-être ce qui inquiète le plus, à l’approche des prochaines journées de mobilisation.