Pénuries de main-d’œuvre obligent, le Canada multiplie les appels aux francophones. À la clé, des salaires pouvant grimper jusqu’à 34 euros de l’heure. Voici les métiers recherchés ⬇️
1/5 Le Canada vient d’inviter 5 000 francophones en une seule journée
Le tirage a eu lieu ce mardi 27 octobre. Le ministère canadien de l’Immigration a envoyé 5 000 invitations à des candidats parlant français, qui peuvent désormais déposer une demande de résidence permanente. Il fallait au moins 407 points au classement pour être retenu, contre 435 lors du précédent tirage francophone, le 16 octobre.
C’est déjà le douzième tirage réservé aux francophones depuis janvier, pour un total d’environ 60 500 invitations selon le site spécialisé Moving2Canada. Ottawa veut que les francophones représentent 9 % des nouveaux résidents permanents hors Québec en 2026, puis 10,5 % en 2028, selon le plan officiel des niveaux d’immigration.
Au total, le Canada prévoit d’accueillir 380 000 nouveaux résidents permanents par an entre 2026 et 2028, dont près des deux tiers au titre de l’immigration économique. Le message des autorités est clair : le pays cherche des travailleurs qualifiés pour combler des pénuries dans des secteurs clés de son économie.
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2/5 Entrée express, le système qui fait le tri
Pour être sélectionné, il faut passer par Entrée express, la plateforme en ligne du gouvernement canadien. Le candidat y crée gratuitement un profil, qui reçoit une note selon son âge, ses diplômes, son expérience professionnelle et ses langues. Les mieux classés sont ensuite invités lors de tirages réguliers.
Pour la catégorie francophone, il faut un français solide, au moins le niveau NCLC 7 dans les quatre compétences, attesté par un test de langue comme le TEF Canada ou le TCF Canada. Les diplômes obtenus en France doivent aussi passer par une évaluation officielle pour être reconnus au Canada.
Le candidat doit encore justifier d’au moins un an d’expérience dans un métier qualifié et, souvent, d’une épargne minimale : 15 263 dollars canadiens pour une personne seule, soit environ 9 600 euros. Une fois l’invitation reçue, la réponse arrive en général en six mois environ.
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3/5 Les métiers que le Canada s’arrache en 2026
Chaque année, Ottawa fixe ses secteurs prioritaires. Pour 2026, la liste est dominée par la santé et les services sociaux, à commencer par les infirmiers. Viennent ensuite les métiers manuels qualifiés, comme les électriciens, les plombiers ou les charpentiers, ainsi que l’enseignement et les métiers scientifiques et techniques.
Nouveauté de l’année, les métiers du transport font leur entrée dans la liste, aux côtés de catégories réservées aux médecins, aux chercheurs et aux cadres supérieurs ayant déjà travaillé au Canada. L’agriculture et l’agroalimentaire, en revanche, ont disparu des priorités pour 2026, après y avoir figuré l’an dernier.
Autre changement de taille à partir du 3 novembre : une offre d’emploi dans un métier bien payé rapportera de nouveau des points, jusqu’à 100 selon le niveau de salaire. Le gouvernement suspend les tirages jusqu’à deux semaines, le temps de recalculer la note de tous les candidats.
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4/5 Jusqu’à 54 dollars de l’heure : les salaires proposés
Côté rémunération, les chiffres font rêver, surtout dans la santé. Selon le Guichet-Emplois, le site officiel de l’emploi au Canada, un infirmier autorisé gagne en médiane 43,27 dollars canadiens de l’heure, soit environ 27 euros. Les mieux payés atteignent 54,37 dollars de l’heure, autour de 34 euros.
Sur une année à temps plein, à 37,5 heures par semaine, le salaire médian d’un infirmier dépasse ainsi 84 000 dollars canadiens, près de 53 000 euros. Un électricien touche pour sa part 35 dollars de l’heure en médiane, environ 22 euros, et jusqu’à 48 dollars, soit une trentaine d’euros.
Attention toutefois au coût de la vie, en particulier au logement, très cher dans des villes comme Toronto ou Vancouver. Il faut aussi prévoir une assurance santé pour les premiers mois, car certaines provinces imposent un délai avant l’ouverture des droits à leur couverture publique.
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5/5 Le piège de l’âge et les précautions à prendre
Reste un obstacle de taille : l’âge. Dans le classement d’Entrée express, un candidat célibataire de 20 à 29 ans reçoit jusqu’à 110 points pour ce seul critère, contre 50 à 40 ans et plus aucun à partir de 45 ans. Le dispositif profite donc surtout aux jeunes actifs, souvent nos enfants ou petits-enfants.
Le Québec applique par ailleurs son propre système de sélection : Entrée express concerne les autres provinces, comme l’Ontario, le Nouveau-Brunswick ou la Colombie-Britannique, ainsi que les trois territoires du Nord. Pour estimer ses chances, le gouvernement met à disposition un outil officiel de calcul de la note.
Méfiance enfin face aux faux intermédiaires qui promettent un visa contre paiement. La création du profil est gratuite et se fait sur le site officiel canada.ca. Pour être accompagné, mieux vaut choisir un avocat en immigration ou un consultant réglementé, inscrit auprès du Collège des consultants en immigration et en citoyenneté.