La manifestation du 24 octobre a dégénéré devant plusieurs commerces à Grenoble. Une vidéo montre un commerçant repoussant des casseurs devant une supérette ⬇️
1/5 Une scène tendue devant une supérette
Samedi 24 octobre, à Grenoble, sur le cours Jean-Jaurès. La manifestation contre la vie chère passe devant un Carrefour City quand la situation dérape. Selon un témoin interrogé par Le Dauphiné Libéré, des individus tentent alors de casser les vitres et de s’introduire dans le commerce.
C’est à ce moment qu’un homme sort une arme de poing et la brandit pour les faire reculer. Sur l’une des vidéos de la scène, un manifestant crie à ceux qui l’entourent de s’écarter. En quelques secondes, la petite foule recule.
Filmée par plusieurs témoins, la scène a été largement partagée sur les réseaux sociaux, au point de pousser la justice à se saisir de l’affaire. La voici, sans plus attendre.
📚 À lire aussi : La pleine lune du 26 octobre pourrait tout changer : voici ce qu’elle signifie pour votre signe astrologique
2/5 La vidéo : un commerçant face aux casseurs
Voici l’une des vidéos qui circulent, relayée par un compte X avec la mention « un commerçant défend sa boutique » :
Grenoble : un commerçant défend sa boutique, arme au poing #24octobre https://t.co/y9Ael8Ea7n
— Fdesouche.com est une revue de presse (@F_Desouche) October 24, 2026
Le parquet de Grenoble a confirmé les faits lundi 26 octobre, en annonçant l’ouverture d’une enquête préliminaire. Selon lui, il ressort des vidéos qu’« un homme était porteur d’une arme devant l’enseigne Carrefour City » au passage des manifestants, rapporte Actu17. Le parquet ne précise pas, à ce stade, si l’arme était réelle ou factice.
Le principal intéressé, lui, ne se cache pas. Rencontré par ICI Isère, le commerçant assume son geste. Il évoque une arme immatriculée et assure que « tout a été fait dans les règles », estimant être dans son bon droit. C’est désormais à l’enquête de le dire.
📚 À lire aussi : Bordeaux : des forains excédés affrontent des casseurs cagoulés et ça tourne mal (vidéo)
3/5 Grenoble, une journée de manifestation sous tension
Ce samedi, Grenoble accueillait l’acte II de la mobilisation contre la vie chère. Environ 10 000 personnes ont manifesté selon la préfecture, lors d’un rassemblement autorisé, en marge duquel des accrochages ont opposé forces de l’ordre et casseurs, selon France 24.
Plusieurs commerces ont été pris pour cible. Selon France Bleu, onze commerces ont été vandalisés dans la ville, dont un pillé. Pour les commerçants grenoblois, c’était le deuxième samedi de suite marqué par des dégradations, après les violences du 17 octobre.
Le phénomène dépasse largement Grenoble. Dans toute la France, l’acte II a réuni 410 000 personnes selon le ministère de l’Intérieur, et près de 800 000 selon la CGT. Et dans plusieurs villes, des vidéos de commerçants tentant de protéger eux-mêmes leur boutique ont circulé sur les réseaux sociaux.
📚 À lire aussi : Grenoble : des lycéens veulent prendre ses poubelles pour le blocus, une dame leur donne une leçon mémorable (vidéo)
4/5 Défendre son commerce : ce que dit la loi
Face à des casseurs, la loi reconnaît la légitime défense, mais l’encadre strictement. Pour protéger un bien, le Code pénal exige un acte strictement nécessaire, au moment même de l’atteinte, et des moyens proportionnés à la gravité des faits. Le recours à une arme se juge toujours au cas par cas, et c’est précisément ce que l’enquête devra établir.
La question de l’arme elle-même se pose aussi. Certaines armes de défense, classées en catégorie D, peuvent être achetées et détenues légalement à domicile. Mais selon service-public.gouv.fr, cité par ICI Isère, leur port et leur transport hors du domicile sont interdits sans motif légitime. Reste à savoir si une tentative de pillage en constitue un : c’est l’un des enjeux de l’enquête.
Pour les commerçants, d’autres protections existent : rideau métallique, vitrage renforcé, vidéosurveillance ou télésurveillance reliée à une centrale. En cas de dégâts, les dommages causés lors d’émeutes ne sont couverts que si l’assurance multirisque professionnelle le prévoit, ce qui est très souvent le cas. Et un avocat, ou la garantie protection juridique du contrat, peut accompagner un commerçant mis en cause.
📚 À lire aussi : « C’est la Révolution, on prend la Bastille » : des émeutiers forcent les portes et envahissent la mairie de Marseille (vidéo)
5/5 Un geste qui divise
Sur les réseaux sociaux, la scène suscite des réactions opposées. Pour certains, ce commerçant a simplement protégé son outil de travail, après deux samedis de dégradations. Depuis le 17 octobre, les vidéos de commerçants tenant tête aux casseurs suscitent d’ailleurs un élan de sympathie, selon Euronews.
Pour d’autres, brandir une arme au milieu d’une foule, même pour se défendre, fait courir un risque grave à tout le monde : une erreur, un geste mal interprété, et la situation peut basculer. C’est aussi pour cette raison que la justice s’est saisie de l’affaire.
Entre ces deux lectures, l’enquête dira si le geste de ce commerçant relevait de la défense légitime ou d’une infraction. Une chose est sûre : cette vidéo illustre l’exaspération de nombreux commerçants, pris en étau depuis plusieurs semaines entre la colère des cortèges et les violences de quelques-uns.