Pesticides dans l’eau du robinet : cette carte révèle votre commune

L’eau de votre robinet est-elle contaminée par des pesticides ? Cette carte révèle si votre commune est concernée

L’eau du robinet reste l’un des aliments les plus contrôlés. Pourtant, 36 millions de Français boivent une eau contenant des pesticides. Une carte interactive permet de vérifier votre commune ⬇️

1/5 36 millions de Français boivent une eau contenant des pesticides

Le chiffre a de quoi surprendre. Sur 69,1 millions d’habitants, 36 millions reçoivent au robinet une eau dans laquelle au moins un pesticide a été détecté, selon une carte publiée ce 28 octobre par le média Vert. Elle s’appuie sur les analyses officielles réalisées entre septembre 2025 et août 2026.

Ces données proviennent du contrôle sanitaire mené par les agences régionales de santé (ARS), compilées par l’association Générations Futures et le collectif Data for Good sur leur site Dans mon eau. Dans la grande majorité des cas, les quantités restent sous les seuils autorisés et l’eau peut être bue sans risque, selon les autorités.

À l’inverse, aucun pesticide n’a été quantifié dans l’eau d’environ 20,7 millions de personnes. Et pour près de 4 millions d’habitants, surtout en montagne, aucun pesticide n’a tout simplement été recherché. D’où l’intérêt de regarder de près la situation de sa propre eau potable, commune par commune.

📚 À lire aussi : Hexane : Greenpeace alerte sur ce solvant présent dans certains aliments

2/5 Comment vérifier l’eau de votre commune en quelques secondes

La carte interactive de Vert est simple à utiliser. Il suffit de taper le nom de sa commune dans la barre de recherche pour afficher les résultats du réseau qui alimente son robinet. Une même commune peut dépendre de plusieurs réseaux de distribution, avec des résultats différents.

Le code couleur se lit en un coup d’œil. Le vert signale qu’aucun pesticide n’a été quantifié, le jaune qu’au moins un pesticide a été détecté sous les limites. L’orange indique un dépassement des normes, tandis que le gris correspond aux zones où aucun pesticide n’a été recherché.

Pour une vérification officielle, le ministère de la Santé publie aussi les résultats du contrôle sanitaire par commune. On y trouve un bulletin de qualité de l’eau, mis à jour régulièrement, qui indique si l’eau distribuée respecte les exigences réglementaires, avec le détail de chaque analyse.

📚 À lire aussi : Pourquoi mettre un verre d’eau au congélateur avant de partir en vacances

3/5 Les régions où l’eau dépasse le plus souvent les normes

Les Hauts-de-France arrivent largement en tête. Selon la carte de Vert, 56 % des réseaux de distribution de la région dépassent les normes, ce qui concerne environ 2,7 millions d’habitants. Au total, 1 305 dépassements des limites ont été relevés en France sur ces douze mois d’analyses.

La Normandie suit, avec près de 700 000 personnes concernées. Les principaux responsables sont des résidus de pesticides pourtant interdits : ceux du chloridazone, un désherbant de la betterave sucrière, dans les Hauts-de-France, et ceux du chlorothalonil, un fongicide, en Normandie. Tous deux sont bannis depuis 2020.

Les zones de grandes cultures, comme la betterave, les céréales ou le maïs, sont les plus touchées, notamment en Bretagne pour le maïs. La Nouvelle-Aquitaine apparaît au contraire majoritairement en vert, grâce à des nappes profondes. Aux Antilles, le chlordécone, un insecticide des bananeraies, n’est pas recherché partout.

📚 À lire aussi : Du sel dans les toilettes : à quelle fréquence et pourquoi

4/5 Une eau « non conforme » est-elle dangereuse ?

Pas forcément. Les limites réglementaires sont fixées à 0,1 microgramme par litre pour chaque pesticide et à 0,5 microgramme pour leur total. Ce sont des seuils de précaution, pas des seuils de toxicité. Un dépassement oblige toutefois le distributeur d’eau à prendre des mesures correctives au plus vite.

La question des résidus de dégradation, appelés métabolites, inquiète pourtant certains scientifiques. « Certains métabolites sont moins toxiques que les molécules mères, mais d’autres peuvent l’être tout autant, voire plus », explique à Vert le chercheur Mickaël Derangeon. Selon un rapport de l’Inspection générale des finances paru en mai, 90 % des non-conformités sont dues aux pesticides et à leurs métabolites.

Le préfet peut accorder une dérogation de trois ans, renouvelable une fois, pour continuer à distribuer l’eau. Mais selon Vert, aucune demande n’a été déposée dans 73 % des cas de non-conformité. Le 11 juin, la justice administrative a d’ailleurs jugé fautive la commune d’Oursel-Maison, dans l’Oise, pour son inaction.

📚 À lire aussi : Vinaigre blanc et marc de café : pourquoi ce mélange est recommandé

5/5 Votre commune est en orange : que faire ?

Commencez par consulter le dernier bulletin d’analyse de votre commune, souvent affiché en mairie et disponible en ligne. En cas de risque sanitaire, l’ARS et la mairie doivent informer les habitants et peuvent restreindre la consommation. Si vous avez un doute, n’hésitez pas à interroger directement votre mairie ou votre distributeur d’eau.

Côté équipement, les carafes filtrantes agissent surtout sur le goût et le calcaire. Les filtres à charbon actif et les osmoseurs peuvent retenir une partie des polluants, mais ils coûtent plus cher et demandent un entretien rigoureux : un filtre saturé peut relarguer ce qu’il a accumulé. L’osmose inverse déminéralise aussi l’eau.

Enfin, si vous buvez l’eau d’un puits ou d’une source privée, elle n’est pas couverte par le contrôle sanitaire public. Seule une analyse d’eau réalisée par un laboratoire agréé permet alors de savoir ce qu’elle contient. Son prix dépend du nombre de substances recherchées, d’où l’intérêt de demander plusieurs devis.

Articles similaires...
x